Relinter

Éléments de mise en place du Monde Contemporain de 1945 à nos jours

OPEP, Pétrole et enjeu

Mise à jour du: 15/05/05

Alors que le charbon a été la première source d'énergie du 19ème siècle, le pétrole est devenu la ressource énergétique du 20ème siècle et par voie de conséquence une matière première stratégique non seulement en raison de sa fonction énergétique mais aussi par les montants qu'il représente dans l'économie mondiale. Grâce à son faible coût après la Seconde Guerre mondiale, le développement des pays occidentaux, l'émergence économique de poids lourds démographiques comme la chine, l'Inde et le Brésil s'appuie sur cette ressource au point d'en devenir complètement dépendants. La sécurité de son approvisionnement est alors devenue un enjeu géostratégique d'importance considérable.

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Le contraste entre la richesse croissante des pays industrialisés et la pauvreté, le sous-développement, l’analphabétisme du reste du monde suscite une prise de conscience : à Bandoeng, en 1955, les leaders du Tiers-Monde Nehru, Nasser et Tito soulignent " la nécessité urgente d’encourager le développement économique de la zone afro-asiatique ". Sans que le mot " pétrole " soit prononcé, la conférence recommande déjà une stabilisation des prix internationaux des matières premières. Mais le monde des pétroliers, et en son sein les "majors", continuent de manipuler les prix du pétrole en fonction de leurs intérêts. Les États producteurs se rendent compte que les Occidentaux ne cherchent qu’à sortir le pétrole de chez eux sans se soucier de leurs intérêts. Ce partage de la rente pétrolière au profit des États consommateurs ne peut plus durer.
Dès les années 1950, les États producteurs nationalisent les compagnies pétrolières en rachetant les concessions.
En 1959, Shell et BP (ex Anglo-Persian) décident unilatéralement de réduire les prix du pétrole, d’où une baisse des revenus des États producteurs.

En 1960 la création à Caracas (Venezuela) de l'OPEP (par les 5 principaux exportateurs d'alors : Arabie Saoudite, Irak, Iran, Koweït, Venezuela) était passée inaperçue; pourtant à cette époque les pays du Proche Orient producteurs de pétrole songent à dicter leur loi aux compagnies pétrolières qui exploitent leurs richesses. Le premier chef d'état à engager une logique de contrôle progressif des richesses est le Shah d'Iran.
De nombreuses années furent nécessaires pour préparer le terrain afin d'établir le cartel des années 1970 (Cartel signifie que ces pays ont convenu ensemble des méthodes de contrôle de la quantité de pétrole à mettre en marché pour faire augmenter les prix).
Les pays de l'O.P.E.P. commencèrent par exproprier les multinationales établies chez eux, les payant souvent avec les profits ou les rentes que ces dernières leur versaient régulièrement auparavant.  Ayant ainsi récupéré le contrôle de leurs richesses naturelles, les pays producteurs établirent ensuite un cartel international sur la production du pétrole.

Mais le fait que le pétrole soit payé en $, monnaie de compte internationale, donne aux États-Unis un pouvoir considérable. Ce pouvoir est accru à partir du 15 août 1971, date à laquelle
Nixon décide de mettre un terme à la convertibilité-or du $. Ainsi, la valeur de la monnaie de compte internationale est désormais fixée par le gouvernement des USA en fonction de leur budget, de leur balance commerciale ou celle de leurs paiements. En outre, cette décision entraîne une hausse du taux d’inflation aux États-Unis qui passe d’un peu moins de 5% en 1971 à 9,80% en 1974. En réaction, l’OPEP ne cesse d’ajuster régulièrement les prix du baril de brut entre 1971 et 1973. L’OPEP est désormais consciente de sa force et va en profiter.

En octobre 1973, l’armée égyptienne attaque Israël avec l’aide de la Syrie et de la Jordanie (la guerre du Kippour). Les Israéliens subissent une série de revers qu’ils surmontent grâce à l’aide militaire des États-Unis. Les pays arabes saisissent l’occasion de la guerre pour utiliser le pétrole comme une arme de pression diplomatique : ils décident l’embargo sur les exportations vers les États-Unis, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas, le Portugal, qui ont aidé Israël. Le 16 octobre puis le 4 novembre 1973, ils décident de réduire leurs exportations mensuelles de 5% puis de 25%, « jusqu’à ce qu’Israël se soit complètement retiré des territoires arabes occupés en 1967 et que le peuple palestinien soit rétabli dans ses droits » (décembre 1973, Shah d’Iran : " Les nations industrielles devront comprendre que l’époque de leur formidable progrès, de leurs revenus et de leurs richesses plus formidables encore due au pétrole bon marché est terminée. "). Ainsi, alors que les pays industriels ne semblent pas encore prêts à diminuer fortement leur consommation de pétrole, le prix du baril quadruple entre octobre 1973 et janvier 1974. C'est le premier choc pétrolier
L'O.P.E.P avait compris le poids politique et stratégique du pétrole dans une période de croissance. Les pays consommateurs vont devoir se priver et découvrir que l'énergie a un prix.
En France le gouvernement Messmer lance alors un programme d'économie, décide de promouvoir l'énergie nucléaire, tout en passsant des accords de gré à gré avec l'Arabie Saoudite. Mais l'inflation est à son comble, et très rapidement la crise énergétique va entrainer une crise économique.

En 1979, après la révolution iranienne, la production de l’Iran passe de 6 millions de barils par jour (860 000 t) à zéro. Or l’OPEP a décidé de réduire sa production en 1978 et dans l’organisation, l’Arabie réduit sa production quotidienne au début de 1979 de 10%. Parce que leurs stocks sont au plus bas, les compagnies pétrolières achètent au marché libre de Rotterdam tout ce qu’elles peuvent y trouver et contribuent à faire grimper le prix du baril, qui passe de 12,70 $ à 26$ en 1980 (x2). C’est le second choc pétrolier.
Au plus haut de son influence sur l'approvisionnement mondial en pétrole, l'OPEP avait fait monter le prix du baril de pétrole de jusqu'à à 34$ en octobre 1981 (il était à 2.9$ en juin 1973 avant le premier choc pétrolier)

Depuis lors, les pays industrialisés ont diminué leur consommation, pratiqué des politiques d'économie d'énergie, accéléré leur programme nucléaire et d'autres pays sont devenus producteurs. Le cartel a paru ainsi perdre de sa vigueur, et ce, d'autant plus, que la zizanie s'est installée en son sein avec, en 1980-88, une terrible guerre entre l'Irak et l'Iran , mettant aux prises deux de ses membres importants. En effet, les deux pays s’affrontent impitoyablement au sein de l’organisation, entraînant sa dislocation car ces deux producteurs importants (en 1978, Iran = 24%, Irak = 10,8% de la production de la région) n’hésitent pas à dépasser les quotas fixés par l’OPEP et tendent à nourrir le marché libre du pétrole. L’arme du pétrole est désormais inutilisable, puisque d’une part l’OPEP n’est plus une organisation cohérente et que d’autre part les pays consommateurs ont développé des politiques afin de réduire leur dépendance (énergies de substitution, approvisionnement ailleurs, réduction des importations, etc.). Le prix du pétrole en valeur constante du $ ne cesse de régresser depuis 1982. Toutefois, la zone du Moyen-Orient reste essentielle aux yeux des pays consommateurs.

L’internationalisation rapide du conflit, lors de la crise du Golfe en 1990-91 et le dépassement de la sphère du Golfe persique et des pays arabes, s’explique par les différents enjeux qui sont liés à l’invasion du Koweït par l’Irak. En premier lieu, ils sont d’ordre économique. Le pétrole reste le phénomène majeur de l’implication des pays occidentaux et des pays arabes face à l’Irak. Mais il ne faut pas surestimer cet aspect et en faire l’élément unique de l’ingérence occidentale dans le règlement des différends irako-koweïtien. En effet, le problème de la prolifération des armements non-conventionnels, dits NBC (Nucléaire, Bactériologique et Chimique) est primordial. Enfin, le troisième enjeu, qui n’est pas le moins important, est celui de l’équilibre stratégique régional. La conjonction de ces enjeux d’importance quasi-équivalente explique la prise de conscience et l’implication immédiate des Occidentaux par l’intermédiaire de l’ONU durant la crise du Golfe.
La question du pétrole est celle qui apparaît en premier lieu. Elle est même l’élément essentiel pour des pays comme la France ou l’Allemagne dans le conflit. 69 % des réserves mondiales sont en effet situées dans la région du Golfe Persique, et l’enjeu économique de l’annexion du Koweït par l’Irak est primordial. Car en mettant la main sur ce petit état, Bagdad doublait ses ressources pétrolières, et possèdait par la même la deuxième réserve mondiale derrière l’Arabie Saoudite. Du reste, et du fait de sa puissance militaire, l’Irak devenait le principal décideur de l’OPEP. C’est l’éventualité de cette situation qui effraya les pays occidentaux. Tant que le leadership de l’Organisation pétrolière est détenu par un pays allié, en l’occurrence l’Arabie Saoudite, les risques d’une crise semblent moindres. Si l’Irak d’Hussein prenait effectivement le contrôle de l’OPEP, toutes les dérives étaient désormais possibles. S’explique ici aussi le rôle de premier plan du pays du roi Fahd, et son soutien sans faille à la coalition. En outre, l’Arabie Saoudite avait énormément investi en Europe et aux Etats-Unis, et avait donc tout intérêt à s’allier à ses partenaires financiers et commerciaux. Quoiqu’il en soit, il apparaît impensable que les pays arabes producteurs de pétrole du Golfe aient pu se liguer contre les Occidentaux, dont ils sont dépendants économiquement. Inversement, les pays importateurs ne pouvaient que soutenir le Koweït et l’Arabie Saoudite et condamner l’invasion irakienne.
Après l'invasion du Koweït par l'Irak, un embargo commercial fut décidé par l’ONU en août 1990, qui instaura le programme " pétrole contre nourriture ". Ce système permit à ce pays de vendre un peu de brut pour acheter, sous strict contrôle de l’ONU, des vivres, des médicaments et des biens de première nécessité. L’Irak fut donc exclu des plafonds de production de l’organisation. Ceci posera problème car en effet, ce pays, qui possèdait les secondes réserves de pétrole brut les plus importantes du monde après l’Arabie Saoudite et qui ne pouvait rien exporter, aurait pu, grâce à sa production, détendre le marché en 99-2000 si les restrictions avaient été levées.

En novembre 1997, l’OPEP se réunit à Djakarta et relève sa production de 10 % en ne comptant pas compte de la crise asiatique, ce qui provoqua l’effondrement des cours de 40 %. Elle décide, en mars 1999, de réduire la production de 1,7 million de barils par jour (b/j) afin de faire remonter les prix du brut.

En mars 2000, la production augmenta pour stabiliser les cours, qui triplèrent en quelques mois. L’Iran, ne s’associant pas à cet accord, augmenta sa production de son côté.
Suite à la montée continue entre 99 et 2000 des prix du baril, un mécontentement mondial qui secoua les gouvernements comme en Europe notamment, l’OPEP décida, lors d’une conférence ministérielle tenue à Vienne en septembre 2000, d’augmenter sa production, (alors de 25,4 millions de b/j) de 800 000 b/j dès le octobre 2000.

Quoi qu’il en soit, l’OPEP tient à garder son indépendance face aux Etats-Unis et ne veut pas céder à la pression des pays industrialisés qui cherchent à faire baisser le prix du baril de pétrole. Comme le souligne l’OPEP, qui ne s’estime pas la seule responsable de la flambée des prix, " les pays industrialisés doivent baisser leurs taxes à leur niveau national.
Depuis l'été 2003, le prix du pétrole est reparti à la hausse. Il est revenu au même prix ( fin avril 2004) qu' un an auparavant, au début de la seconde guerre du Golfe, 35$ le baril.
Les raisons ne manquent pas:
-la Chine; avec sa croissance exceptionnelle, elle a des besoins sans cesse plus grands de pétrole. La Chine est devenue le deuxième consommateur mondial derrière les Etats Unis.
-le terrorisme, avec les menaces sur les approvisionnements.
-les incertitudes politiques au Venezuela (gros producteur de pétrole).
-l'OPEP compense désormais la faiblesse du dollar (le pétrole est payé en dollars); plus il baisse, plus elle augmente ses prix.
Toutes ces raisons plaideront pour le maintien d'un prix du pétrole élevé, toute l'année 2004.


L’association de l'OPEP compte aujourd’hui onze membres et son siège est basé à Vienne, en Autriche.
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le cours du pétrole
10$ avant le Premier choc pétrolier
34$ avec la Guerre du Kippour
55$ avec la Guerre Iran-Irak
28$ lors de la Guerre du Golfe
10-11$ en 1998 ( en $ constant le cours du baril est ramené à sa valeur de 1910)
plus de 30$ en 2000
35$ fin avril 2004
42$ mi-mai 2004


Le poids des intérêts du pétrole:

Les deux tiers des réserves se trouvent au Moyen-Orient, alors que 25 % de la consommation mondiale sont le fait des États-Unis. Au Moyen-Orient Irak+Iran+Arabie saoudite = 50% des réserves mondiales connues à la fin du XXème siècle.
L'Irak est, après l'Arabie Saoudite, le numéro 2 mondial des réserves de pétrole répertoriées, avec 112 millions de barils (11 % des réserves). Mais il faut y ajouter entre 100 et 200 millions de barils car, selon tous les experts, l'ouest du pays, encore inexploré, est particulièrement doté.

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Les pays consommateurs, au premier rang desquels les États-Unis, surveillent le Moyen-Orient :
l’exemple de la guerre du Golfe

 

Si l’OPEP n’a plus vraiment de pouvoir de contrôle global aujourd'hui, le Moyen-Orient reste une zone fondamentale d’où les compagnies, notamment américaines puisent leur pétrole. Dès 1980, le président Carter annonce que " toute atteinte par une force extérieure pour contrôler la région du golfe persique sera considérée comme une attaque contre les intérêts vitaux des États-Unis, et une telle attaque sera repoussée par tous les moyens nécessaires, y compris la force armée".
Lorsque l’Irak attaque le Koweit en août 1990, le prix du baril passe de 15$ à plus de 40$ en septembre. Mais dès décembre, il redescend à 27$, l’Iran et l’Arabie ayant augmenté leur production. Le prix continuera à baisser, malgré les actions des Irakiens qui, en se retirant suite à l’opération " Tempête du désert " des Nations Unies, incendient les puits et détruisent les installations pétrolières du Koweit. Ainsi, la brève flambée des prix semble liée uniquement à la conjoncture.
La majorité de l’opinion mondiale considèra que cette intervention était liée d’une part à la violation du droit international, d’autre part au pétrole, dont le Koweit est un gros producteur. Effectivement, en 1988 les États-Unis importaient 25-30% de leur pétrole du Koweit, ce qui, en définitive, est peu. Cette intervention était sans doute plus liée à des considérations stratégiques. En effet avec le Koweit, l’Irak aurait été le premier producteur du Proche-Orient, ses ambitions auraient pu le pousser à conquérir le nouveau voisin saoudien, et enfin il se serait peut-être lancé dans une guerre contre Israël, contre qui il proférait des menaces fréquentes.
Ainsi, si cette affaire a occupé une place importante sur la scène internationale en raison du pétrole, cela a également été lié à la politique extérieure des États-Unis.

Le golfe Persique est bien plus qu'un eldorado pétrolier, il est devenu, ou redevenu, le centre de gravité mondial de la production de l'or noir. Selon le département américain de l'énergie, la région dispose des deux tiers des réserves restantes et sera par conséquent appelée à fournir une part croissante de la production mondiale de pétrole au cours des années à venir. Et il faudra peu de temps, même si les avis des experts divergent sur le moment où le pic de la courbe de production sera atteint, avant que le monde ne devienne totalement dépendant des pays du golfe Persique. Mais, bien qu'elle ne représente que 5 % de la population mondiale, la première puissance mondiale est le plus gros énergivore de la planète. Les États-Unis consomment environ 26 % de la production mondiale de pétrole, mais ne contribuent plus désormais qu'à hauteur de 11 % dans cette production et ne détiennent plus que 2 % des réserves mondiales.
Dans le monde globalisé et concurrentiel qu'il a inspiré, le colosse américain se révèle de plus en plus dépendant de son approvisionnement en pétrole et des cours mondiaux.
Les États-Unis ont, en effet, un besoin crucial de pétrole, et pour longtemps. Le pays, qui représente 6 % de la population de la planète, consomme plus de 25 % de sa production d'or noir - un milliard de tonnes par an, près de 40 % des besoins énergétiques, alors qu'il ne détient que 2% des réserves mondiales. Une demande qui devrait continuer à croître annuellement de 1 % pendant la prochaine décennie. À cause, presque intégralement, de l'insatiable boulimie du secteur des transports, qui représente 40 % de la consommation finale en énergie du pays. L'économie générée par l'amélioration de l'efficacité énergétique des moteurs est systématiquement engloutie par la croissance irrépressible du fret routier, du trafic aérien et... de la passion pour les 4 x 4. " À distance égale, un véhicule utilise 40 % de carburant de plus aux États-Unis qu'au Royaume-Uni ", relève un document de Greenpeace.
À cette accoutumance s'ajoute une forte dépendance, de plus en plus marquée, vis-à-vis de l'extérieur. Les États-Unis, le plus gros importateur de pétrole au monde, achètent 45 % de leur consommation à l'étranger, le double d'il y a trente ans. Une proportion qui pourrait approcher 60 % d'ici à 2030 (les États-Unis, qui ne disposent que de 2,5 % des réserves mondiales prouvées de pétrole, ont pour politique de les préserver le plus longtemps possible).
Le pétrole est devenu l'une des clefs de la politique extérieure des États-Unis. Objet de convoitise de toutes les compagnies pétrolières au monde : le Moyen-Orient (et notamment l'Irak, dont les réserves, exploitables à faible coût, pourraient être les plus importantes au monde après celles de l'Arabie Saoudite), qui concentrera les derniers gisements de choix à mesure que s'épuisera cette ressource mondiale.
Selon des calculs du début de ce siècle, nous aurions encore une trentaine d'années de consommation devant nous. Et il est probable, comme on l'a déjà constaté en mer du Nord, que des progrès techniques permettront d'exploiter à coût acceptable des gisements aujourd'hui considérés comme non rentables. Et puis, on sait fabriquer du pétrole à partir de gaz naturel, et même de charbon, dont il existe près de trois cents ans de réserves prouvées... La fameuse pénurie dont on parle régulièrement n'est donc théoriquement pas pour demain. L'inconvénient majeur, c'est que la planète risque alors de subir une crise climatique bien avant l'épuisement des réserves de combustibles fossiles ! 
La combustion des hydrocarbures (pétrole, charbon et gaz naturel) est la toute première source d'émissions de gaz carbonique (CO2), le principal des gaz à effet de serre responsables des changements climatiques. À cette aune, les États-Unis resteront, et pour une durée indéterminée, les plus gros pollueurs de la planète : on y émet annuellement 20,5 tonnes de CO2 par habitant, contre 8,5 tonnes en Europe.

La distance nouvelle, voire la méfiance, des États-Unis dans leurs relations avec l'Arabie Saoudite depuis les attentats du 11 septembre 2001 relance la course pour le contrôle des derniers grands gisements pétroliers de la planète.

NB: Parmi les motifs non expressement avancés par Washington, l'intervention américaine en Irak en 2003 devait servir à sécuriser les sources d'approvisionnement des USA (l'Arabie Saoudite n'étant plus tout à fait le fidèle vassal qu'elle était) et à mettre un pied dans l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep, 11 pays, 40 % de la production mondiale). L'Opep est très utile, car elle permet par un système d'entente interne et avec les gros producteurs non-membres (Russie, Mexique, etc.) de stabiliser les cours de l'or noir. Pour les États-Unis, cela signifie un pétrole pas trop cher, pour ne pas pénaliser leur industrie, et pas trop bon marché, pour que l'exploitation et l'exploration de pétrole plus difficile à atteindre et à extraire (notamment en mer, mais aussi au Texas) restent rentables. Autre avantage : la stabilité évite par définition les à-coups, très nuisibles à la bonne marche des économies. Si l'objectif des principaux membres de l'administration étasunienne n'est pas de saborder l'Opep, la contrôler est essentiel.

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À propos de la hausse record de la mi-mai 2004

Il est clair que ce n’est pas un choc pétrolier, comme cela s’était produit en 1973 ou 1979, avec une hausse immédiate du prix pour des raisons strictement politiques : la manipulation du marché par l’OPEP (qui contrôlait alors 80% des exportations de pétrole) avait permis de multiplier d’un coup le prix par 4, puis par 3 ; ici, la hausse est lente et régulière. Quoi qu'il en soit la situation en 2004 est différente de celle de 1973 : la part des importations de pétrole dans le PIB est passée de 6,5% en 1981 à 2% en 2004 : les économies des pays développés sont moins sensibles au facteur pétrolier.
Ensuite, pour la zone euro en tous cas, le choc a été largement amorti, car le prix du pétrole est fixé en dollar, monnaie dont la valeur n’a cessé de décliner, en particulier en 2003. La hausse de la valeur de l’euro a compensé celle du prix du pétrole en dollars, et, au total, pour l’année 2003, le pétrole coûtait moins cher en euros en fin d’année qu’en début d’année. Ce n’est que depuis le début de l’année 2004 que, la chute du dollar étant enrayée, les consommateurs européens ontn ressenti la hausse du prix du pétrole, qui a augmenté d’au moins 5 centimes d’euros par litre.
La hausse du prix du pétrole n’est pas un phénomène isolé, et on assiste depuis quelque temps à une hausse des matières premières en général ; l’acier, le plastique, le caoutchouc.... Ce phénomène général est à rapprocher de la formidable reprise économique que connaissent les Etats-Unis et l’Asie, en particulier la Chine. Cela entraîne une hausse bien normale des demandes d’énergie et de matières premières et la hausse de la demande se traduit en hausse des prix, surtout pour le pétrole où les capacités de raffinage sont limitées.
Parmi les autres raisons à la hausse du prix du pétrole: le risque, le risque dû à une période politiquement troublée. L’Irak et l’Arabie Saoudite sont l’objet d’attaques contre les installations pétrolières et les puits.Or les marchés n’aiment pas la politique lorsqu’elle vient les déstabiliser. Il est normal que les marchés, en particulier à terme, anticipent des hausses de prix, étant donné les risques élevés d’attentats. Le problème ne vient donc pas du marché, mais du terrorisme.


 

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