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Dossier

A propos de

Rousseau

Influence européenne de Rousseau

Ses visions de l'histoire, de la morale, de la raison et de la nature en font un penseur d'avant-garde, dont l'influence dans la littérature européenne est considérable. En Allemagne, Werther, le héros fameux de Goethe est un fils de Saint-Preux, les Brigands de Schiller sont sortis du Discours de l'Inégalité, Le marquis de Posa dans Don Carlos puise dans le Contrat Social ses doctrines humanitaires, Kant complètera le Vicaire savoyard, Fichte se réclamera de Jean-Jacques comme beaucoup de pédagogues. En Angleterre, Byron sentira sa haine croître contre l'humanité en lisant Rousseau (il produira sous son inspiration son premier chef d'oeuvre avec Le Pélerinage de Childe Harold)

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Theisme de Rousseau

Avec La Profession de foi du vicaire savoyard, qu'il a insérée dans l'Emile, Rousseau a écrit le principal texte qui, dans l'ensemble de son oeuvre, aborde la question de Dieu et de la religion, ce qui qui lui valut l'hostilité quasi-générale, des penseurs matérialistes comme d'Holbach jusqu' aux réformés de Genève.
Critiquant les religions révélées et refusant toute autorité aux Eglises, Rousseau en appelle à la religion morale, croyance raisonnable et raisonnée que chacun peut découvrir dans l'intimité de son coeur.
L'originalité de Rousseau consiste d'une part attaquer l'institution ecclésiale au nom d'une foi authentique, et d'autre part aborder la question religieuse en se demandant à quel espoir l'homme peut prétendre. Si l'homme, animal sociable, ne peut se sauver hors de la cité, Rousseau réclame que la cité des hommes soit constituée de telle façon que chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant. Autant dire une Cité de Dieu., une cité cependant sécularisée, ce que mit en doute
Bayle qui considérait que l'on ne peut être à la fois bon chrétien et bon citoyen


Les Confessions
Rousseau passe sa vie au crible du postulat de son Contrat social : l'homme est né bon, seule la société est responsable de sa perversion. Mettant en avant ses faiblesses comme pour mieux montrer ses qualités, il se raconte dans un plaidoyer pro domo qu'il n'hésite pas à présenter dès la première phrase comme une " entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur ". Ainsi le ton est donné : celui de l'orgueil de la différence, ainsi que le registre de la justification. Écrit entre 1765 et 1770, publié à titre posthume en deux parties (les livres I à VI en 1782 et les livres VII à XII en 1789), l'ouvrage entend réhabiliter son auteur, accusé par ses ennemis de misanthropie, de méchanceté, présenté comme un être asocial pour l'abandon de ses enfants, condamné par ses pairs. C'est donc un véritable plaidoyer lyrique que la conscience douloureusement blessée de Jean-Jacques entend livrer au public, pour se disculper des calomnies fâcheuses qui entachent son nom. L'auteur se livre entièrement, dans la transparence de l'aveu, espérant alléger sa conscience, montrant que la vertu, la sensibilité et la simplicité ont été ses seuls guides : il a vécu selon toute la vérité de la nature et du coeur ; c'est la société et ses méfaits qui paraissent l'avoir dépravé... Illustration est ainsi faite de la théorie fondamentale de Rousseau : né bon, l'homme est perverti par le seul usage social. Écrites avec un décalage temporel important, les Confessions illustrent un autre problème spécifique à l'autobiographie : revivre le passé à la seule lumière du souvenir, le piège de l'idéalisation ou de la reconstruction des épisodes. Tout illustre le statut fort délicat de l'objectivité, lorsqu'il s'agit de retracer une vérité très personnelle. Le ton de la fraîcheur et de la poésie champêtre des premiers livres laisse place ensuite à un registre plus sombre et angoissé, la quête d'une conscience malheureuse se sentant prise au piège d'un " complot ". Rousseau s'inscrit donc dans la tradition de l'autobiographie inaugurée par
Montaigne : " le seul portrait d'homme peint exactement et d'après nature et dans toute sa vérité ". L'auto-analyse psychologique constitue, outre le récit, le registre dominant de l'ouvrage. Autant dire que la question, éminemment problématique et toujours actuelle, de la vérité personnelle, se trouve ainsi posée : sincérité et apologie peuvent-elles coincider ? ...

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