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à propos de

Ruy Blas (1838)

Les Châtiments (1853)
de
Victor Hugo

Ruy Blas

Quand Ruy Blas trouve enfin le courage d'affronter son destin, de se dresser contre le Diable, il est déjà trop tard. Dans un sinistre craquement, les mâchoires du piège dont il était le ressort se sont refermées sur sa nuque.
Formidable pièce, Ruy Blas est un thriller doublé d'un drame politique et social, le tout bâti sur un scénario que ne renieraient pas les meilleurs auteurs hollywoodiens.
L'action se déroule à la cour du roi Charles II d'Espagne. Disgrâcié par la reine de ce roi absent, Don Salluste rumine une vengeance qu'il veut terrifiante. Elle le sera, au-delà de ce que le spectateur imagine. Colérique, violent, manipulateur, Don Salluste ourdit avant de partir en exil un savant complot dont son laquais, Ruy Blas, est l'instrument inconscient. Jouant sur l'amour que Ruy Blas voue en secret à la reine, il l'introduit à la cour en le faisant passer pour son cousin, Don César, comte de Garofa.
Soumis à son maître qu'il craint et abhorre, Ruy Blas s'attache à remplir sa mission: devenir un grand de l'Etat, et séduire la reine. Aveuglé par cet amour qu'il croyait impossible et qu'il voit progressivement venir à sa portée; ignorant tout des sombres desseins de son maître désormais absent; enfermé dans un mensonge qui, finalement, n'est pas le sien, Ruy Blas qui se révèle brillant politique n'a d'autre solution pour survivre que de garder ses oeillères. C'est justement parce que ce terrible mensonge n'est pas le sien et que contrairement aux apparences, Ruy Blas ne s'est pas extrait de sa condition, qu'il ne peut le défaire.
Maître de la situation jusqu'au bout, Don Salluste, seul, possède la clef du dénouement. La délivrance sera forcément tragique. Surprise en plein rendez-vous galant avec Ruy Blas, seule la reine qui était pourtant visée sera épargnée. Un seul élément essentiel a échappé au terrible Salluste: derrière son laquais soumis se cachait un homme qui préfère la mort au déshonneur de la femme qu'il aime, et tue son maître avant de s'empoisonner.
Plusieurs lectures sont possibles. A côté de l'aspect profondément romanesque de l'intrigue, Victor Hugo développe une cinglante critique du système régalien. Décrivant une société déliquescente, il s'attache à décrire une noblesse rongée par le lucre, indifférente au sort d'un peuple qu'elle rend exsangue. Issu du peuple, Ruy Blas se révèle gouvernant hors pair. " Il nous fait entendre la voix de celui qui croit que la politique, c'est servir l'Etat, donc le peuple, et non se servir " écrit justement Georges Zaragoza dans les commentaires de l'édition des Classiques Hachette

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Les Châtiments

Victor Hugo publie Napoléon-le-Petit en 1851. Exilé après le coup d'État du 2 décembre 1851, il commence ses Châtiments à Bruxelles, où il est arrivé dès le 12 décembre.
Le proscrit rend compte du Prince-Président, brusquement devenu empereur, et de ses sbires. "Je n'ai pas l'intention de faire un livre, je pousse un cri. Il y a dans ma fonction quelque chose de sacerdotal : je remplace la magistrature et le clergé. Je juge, ce que n'ont pas fait les juges ; j'excommunie, ce que n'ont pas fait les prêtres."
De Jersey, Victor Hugo travaille d'arrache-pied à ses poèmes, tandis que Jules Hetzel, éditeur parisien en exil à Bruxelles, cherche vainement un éditeur suffisamment courageux pour publier ce livre interdit. Finalement, avec l'aide de Hugo et de quelques autres proscrits, il remonte une imprimerie où il édite Les Châtiments en petits cahiers facilement dissimulables... En novembre 1853, les fascicules passent la frontière et sont peu à peu diffusés en France. Sept livres, une ouverture et un final : ce long poème épique n'est rien moins qu'un chant aux périodes furibondes, vengeresses et magnifiques. Entre ciel et mer, du haut de son rocher, le proscrit opose le jour à la nuit, le bien au mal, lui-même à Napoléon III. Les alexandrins, romantiques encore mais d'un romantisme plus sombre, quasi crépusculaire, sont brisés, comme des lames en furie sur des rochers durs et froids. Ils annoncent un vers moins rigide, cassent une rythmique devenue obsolète dans ce siècle aux nombreuses révolutions. En octobre 1870, Les Châtiments republiés, ou plutôt publiés officiellement, deviennent contemporains de la Commune. Le père Hugo, vivant et écrivant toujours en contre, accomplit là ses meilleures armes en poésie.

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