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Par souci de simplicité et de clarté, n'est abordé en priorité que le Moyen Age en France
Le Moyen Âge couvre la période historique qui s'étend du Vème au milieu du XVème siècle, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain ( en 476) à la chute de Constantinople en 1453 et/ou la découverte de l'Amérique (en 1492).
Cette période historique durera plus ou moins mille ans . C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age"en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIème siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.
L'Empire romain, trop grand, est définitivement divisé en deux en 395 : l'Empire d'Occident endurera l'essentiel des invasions germaniques et y succombera, l'Empire d'Orient repoussera celles-là et d'autres. De culture essentiellement grecque, il restera une puissance notable jusqu'au XIIIème siècle et ne disparaîtra qu'en 1453.
- Les invasions en France
Après Théodose le Grand (379-95), l'Empire romain ne possède plus de hiérarchie civile organisée, le principal obstacle à une pression nordique de plus en plus forte est éliminé. Ainsi les peuples germaniques de l'est sont poussés par les peuples slaves et asiatiques des plaines orientales de l'Europe en pleine expansion démographique. L'élément germanique est de plus déjà puissant dans l'empire romain.
- Les Francs
Les Francs n'ont pas pris part au grand mouvement de 406 où les migrations sont dues à la poussées des Huns d'Attila. Les Francs forment deux groupes principaux situés aux embouchures du Rhin et de la Meuse pour le premier et à proximité de Limbourg. Le premier groupe est qualifié de salien. Les francs saliens sont installés depuis 358 comme auxiliaires des armées romaines. Les francs ripuaires sont, eux, installés sur les rives droites du Rhin, jusqu'à Mayence et ne franchissent le fleuve qu'à partir de 410. A partir de 454, ils occupent définitivement la vallée de la Moselle.
- Les Burgondes (germains occidentaux)
Les Burgondes prennent part avec les Vandales, Quades et Alains à la " ruée " de 406. Ils franchissent le Rhin dans la région de Worms. Ils s'y fixent jusqu'en 435. Vaincus par Aetius, général romain, ils sont repoussés au Nord du lac léman (Suisse romande actuelle)
- Les Vandales (germains orientaux)
Les Vandales franchissent le Rhin en janvier 406, en face de Mayence avec leurs alliés Quades et Alains. Il traversent et pillent la Gaule, puis franchissent les Pyrénées en 408 et se dirigent vers l'Espagne du Sud. Les Alains (non germaniques de l'Europe de l'Est) les suivent jusqu'en Afrique. Les Quades (longtemps appelés Suèves par confusion avec les Souabes, germains orientaux) suivent les Vandales jusqu'au Pyrénées, puis conquièrent le León actuel.
- Les Wisigoths (germains orientaux)
Les Wisigoths vivaient en Thrace depuis 383. Ils pénètrent en Gaule par les Alpes et colonisent l'Aquitaine après avoir pillé l'Auvergne.
Conséquences
Les conséquences ethniques sont faibles. Les Germains étaient peu nombreux et leur passage a été rapide. Les conséquences politiques en sont plus importantes. Ainsi le royaume Wisigothique du sud-ouest et de Narbonnaise a brisé l'unité de l' " Empire Gaulois " qui a été réduit aux territoires d'Aetius entre Seine et Rhin. La dislocation de cet empire est achevée ultérieurement par les royaumes des Francs et des Burgondes. Les conséquences religieuses sont aussi relevables: les Germains orientaux ont importé la doctrine de l'arianisme.
L'Empire d'Occident prend fin en 476, quand l'empereur Romulus Augustule est déposé par le chef barbare Odoacre; cette date est souvent retenue pour marquer le passage de l'Antiquité gréco-romaine à ce qu'il est convenu d'appeler le Moyen Âge. Mais un comportement nouveau, qui se retrouve au début du Moyen Age, se développe en fait depuis le IIIème siècle : le peuple veut échapper à la pression fiscale et aux charges militaires imposées par l'État romain. Dans le même temps, une poussée démographique et une chute du prestige des villes entraînent une ruralisation économique, alors que le christianisme, religion officielle depuis 391, assoit les bases de la puissance écclésiastique
A peu près dans le même temps, les Huns (venus du Nord du Caucase) entreprennent une migration vers l'ouest, obligeant les Ostrogoths et les peuples germains qui se trouvaient là, à envahir de nouveaux territoires.
Face à ces invasions qui se succèdent jusqu'au VIIème siècle, un effort d'intégration est fait par ce qui reste de l'Empire Romain : peuples et coutumes se mélangent de manière assez homogène.
En schématisant, la romanité apporte sa langue, le latin, et ses connaissances dans le commerce, alors que les barbares, par leur manière de vivre, font disparaître le schisme entre civils et militaires : dans les communautés, seule prévaut la figure du chef, guerrier élu et mythifié.
De plus l'économie pastorale des barbares renforce la ruralisation, et devant les nombreuses pressions de l'état, les aristocrates se replient sur leurs terres, le véritable fondement de leur pouvoir.
Mais le véritable ciment des communautés antiques et barbares est la religion catholique.
Jusqu'en 653, une lutte féroce se joue entre les partisans du christianisme et ceux de l'arianisme (doctrine qui niait le divinité de Jésus-Christ, refusait l'idée de la trinité, et ne reconnaissait qu'au Père des qualités divines et d'éternité).
Mais un large mouvement de conversion des moines au christianisme est entrepris, et le baptème de Clovis (en 498), qui s'attire ainsi le soutien du clergé et du Pape, marque le déclin de l'arianisme : pouvoir et christianisme sont désormais étroitement liés.
Si l'arianisme perdure, il est très fortement affaibli par le Pape Grégoire le Grand (540-604), qui renforce les campagnes de conversion, et définitivement écrasé en 653, quand les rois barbares finissent de se convertir.
Aux Vème et VIème siècles, des pestes et des famines récurrentes contribuent également à la montée du christianisme.
- LE HAUT MOYEN ÂGE
La première période du Moyen Age est troublée par les invasions où pendant 300 ans le progrès de la civilisation est arrêté. On emploie parfois l'expression "Epoque de la Grande Noirceur" pour désigner cet état de léthargie et de stagnation. La paix revient vers l'an 800. L'Église catholique est toute puissante et le pouvoir est détenu par les rois.
- Les Mérovingiens
Dynastie issue des Francs Saliens, tirant son nom de Mérovée ancêtre de Clovis. La puissance des premiers Mérovingiens se réduisait à lorigine aux seuls royaumes de Cambrai, tenu par Chlodion, et de Tournai, échu à Childéric. Clovis (481-511), fils de ce dernier, létend bientôt à lensemble de la Gaule. Sa conversion au christianisme sous linfluence de sa femme Clotilde, princesse burgonde, facilite la reconnaissance de son autorité par la population gallo-romaine. Partagé par les quatre fils de Clovis , qui en poursuivent lexpansion, le royaume mérovingien est de nouveau réuni sous lautorité de Clotaire Ier (558-561). Les fils de ce dernier se répartissent à nouveau lhéritage, mais deux dentre eux, Chilpéric Ier, roi de Neustrie, mari de Frédégonde, et Sigebert Ier, roi dAustrasie, mari de Brunehaut, entament un long conflit qui ne prendra fin quà lavènement de Clotaire II (613-629). Le fils de celui-ci, Dagobert Ier, règne jusquen 639. Il eut pour trésorier saint Eloi, qui multiplia les fondations religieuses et charitables dans son diocèse de Noyon. Dès cette époque saffirme lautorité croissante des maires du palais, représentants des grands propriétaires terriens et des officiers royaux. Ceux-ci tiennent sous leur coupe les derniers rois mérovingiens, appauvris et débauchés, les fameux " rois fainéants " , qui seront peu à peu évincés par les Carolingiens. Lorigine troyenne attribuée aux Francs nest quune légende, remontant au VIIe siècle et développée par les chroniqueurs de lépoque capétienne en vue de rehausser le prestige de la royauté.
- Début du VIème siècle: grandes invasions par les Vandales, les Huns et les Francs. Les Francs, avec Clovis à leur tête, se rendent maîtres de la plus grande partie de la Gaule. Chez les Francs, le royaume n'est pas un Etat, mais une vaste propriété foncière : il est partagé en parts égales entre les fils à la mort de leur père, comme une simple ferme. Lorsque Clovis meurt en 511, trois royaumes mérovingiens se forment: L'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne qui se déchirent en guerres intestines. Clotaire II et Dagobert 1er réalisent un semblant d'unité
- VIIème siècle: affaiblissement de la royauté sous les "rois fainéants" et émergence des maires du palais..
Quand le royaume est partagé à la mort de Dagobert en Neustrie et Austrasie, la réalité du pouvoir est accaparée dans chacun des deux royaumes par un dignitaire : le maire du palais. Le roi mérovingien reste en place, mais il n'est plus qu'un fantoche, un roi qui ne peut rien faire, un roi qui « fait néant ». La plupart d'entre ces rois fainéants seront des malades qui meurent enfants ou adolescents.
En Austrasie, une famille s'empare de la charge de maire du palais; en 687, Pépin de Heristal devient le chef réel des trois royaumes. Pépin de Heristal et ses descendants sont les Pépinnides (descendants de Pépin de Landen, le conseiller de Dagobert), ancêtres des Carolingiens, qui prennent le pouvoir avant la couronne. Ils vont réunifier le royaume franc.
- Globalement, les historiens portent sur les mérovingiens un jugement d'une extrême sévérité en insistant sur la cruauté, la cupidité et la fourberie des rois francs.
Il faut, avant de se risquer à les juger, prendre en considération des faits objectifs :
* la dynastie mérovingienne a pris le relais d'un monde romain en décomposition, ce qui n'a pas facilité sa tâche,
* les sources qui nous sont parvenues sont principalement, à l'exception des découvertes archéologiques, des écrits qui datent des carolingiens (dynastie qui les a suivi) : pour mieux se valoriser, ils les ont dénigré parfois à tort,
* certains historiens célèbres ont dénigré le Moyen-Age. On peut citer Michelet dans "Histoire de France" : "l'ennemi, c'est le passé, le barbare Moyen-Age".
* Il faut enfin leur reconnaître des points positifs :
* ce sont eux qui ont mis fin aux invasions barbares en Occident et aux grandes migrations de population,
* ils ont réussi l'amalgame entre le monde barbare et les gallo-romains,
* ils ont jeté la 1ère ébauche de l'Europe politique et chrétienne, qui servira de base à l'Empire de Charlemagne et à la renaissance carolingienne,
* ils ont été les initiateurs du rapprochement du trône et de l'Eglise.
C'est également durant leur règne que :
* le 1er acte royal est rédigé sur parchemin, signant la désaffection du papyrus romain,
* le langage musical a été élaboré : il restera celui de l'occident jusqu'à aujourd'hui. Les chants grégoriens datent du VIIe s (et non du Pape Grégoire le Grand).
Ce qui les aura freiné dans leur "mission" aura été leur conception inadéquate de l'Etat :
* celui-ci était considéré comme un patrimoine familial et non comme une magistrature destinée à servir le bien public,
* le fait de partager le royaume entre leurs enfants mâles a été source de rivalité et de conflits qui ont perturbé fortement l'évolution de la société,
* l'absence de budget d'Etat, qui se limitait en fait à la fortune du roi, empêchait le monarque d'entretenir une armée conséquente. Pour arriver à ses fins, il était obligé de récompenser les plus méritants, et n'avait d'autre solution que de puiser dans le domaine royal : les serviteurs s'enrichissaient donc au détriment des rois, jusqu'à ce que leur puissance devienne supérieure à celle du clan royal.
- Les faits marquants du nouveau monde qui suivra les mérovingiens sont :
* un glissement progressif de la condition d'homme libre vers un demi-servage,
* une évolution vers une économie fermée, l'insécurité rendant plus délicats les échanges,
* l'évolution vers le nord et l'est des grandes voies commerciales suite à la maîtrise du monde méditerranéen par les arabes.
Les Carolingiens
Dynastie franque qui succéda aux Mérovingiens et qui règna entre le milieu du VIIIème et la fin du Xème siècle sur la Gaule, la Germanie occidentale, le massif alpin et lItalie du Nord. Lascension des Carolingiens se prépara longuement, à lombre des Mérovingiens : dès 687, Pépin de Herstal devient maire du palais et contrôle la Neustrie. Son fils bâtard, Charles Martel (685-741), maire du palais de Thierry IV, accentue encore sa mainmise et s'illustre en repoussant les armées arabes à Poitiers en 732 . Pépin le Bref, son fils, travaille à la consolidation de lacquis, dabord avec son frère Carloman, puis seul, après labdication de son aîné en 747. Il réunit alors l'Austrasie à la Neustrie et devient le premier roi des Francs de la lignée carolingienne (élection de Soissons, 751). Sacré par saint Boniface, il porte secours au pape Etienne II contre les Lombards, auxquels il retire l'exarchat de Ravenne et la Pentapole qu'il donne à l'Eglise. Son fils Charles, dit Charlemagne (742-814) , est le véritable fondateur de l'empire carolingien et fut tour à tour roi des Francs, roi des Lombards et, à partir de l'an 800, empereur d'Occident . Après avoir partagé le pouvoir avec son frère Carloman, il avait hérité, à la mort de ce dernier, en 771, dun ensemble de possessions disparates où son autorité était encore mal établie. A sa mort en 814, il laisse un empire puissamment organisé et administré qui sétend de lElbe aux Pyrénées. Son successeur Louis le Pieux (778-840) ne parvient pas à maintenir lunité en raison des querelles de ses fils. En 843, le traité de Verdun consacre léclatement de lempire : vaincu à Fontenoy en 841 , Lothaire ne garde que lItalie et une bande de terre allant de la Provence à la Frise, la Lotharingie ; son frère Louis reçoit lensemble de la Germanie, le cadet, Charles le Chauve (823-877), né dun second lit, se faisant attribuer la Francia occidentalis. Deux tentatives pour rétablir la dignité impériale, celle de Charles le Chauve en 875, et celle de son neveu Charles le Gros, en 885, restent sans lendemain. En dépit dune activité culturelle et artistique brillante, un processus de déclin sengage, accentué par les dissensions internes et les périls extérieurs (invasions normandes). Chaque morceau de lancien empire connaît désormais un destin séparé et dautres reprendront lhéritage.
- En 711 (ou 714), les Arabes font la guerre pour convertir l'Europe à l'Islam. Charles Martel, le maître du pays, les arrête à Poitiers.En remerciement, le Pape autorise la déposition du dernier Mérovingien. Pépin le Bref devient roi en 751. Il fonde la dynastie des Carolingiens, consolide son pouvoir dans le royaume Franc en reconquérant les derniers territoires aux mains des Sarrasins et en faisant revenir l'Aquitaine dans le royaume. Il entretient la collaboration avec le Saint Siège pour qui il conquiert les Etats Pontificaux.
- Le IXème siècle est d'abord marqué par le couronnement de Charlemagne, Roi des Francs, en tant qu'empereur d'Occident par le pape Léon III. Il règne en maître.
- Charlemagne porte le royaume franc à son apogée.
Dans le royaume, Charlemagne substitue au désordre mérovingien un début d'administration centralisée et organisée : ses ordres (les capitulaires) sont transmis à des fonctionnaires (tout ce qu'il y a de plus révocables et dont la charge n'a rien d'héréditaire) ayant la délégation de tous les pouvoirs localement : les comtes. Des messagers-contrôleurs, les missi-dominicci, sont chargés d'inspecter le travail des comtes.
De grands efforts sont faits pour la culture et l'enseignement : c'est la Renaissance Carolingienne. A l'extérieur, Charlemagne mène de nombreuses guerres de conquête. En s'alliant avec la Papauté, il fait de l'évangélisation un but et un moyen de consolider ses conquêtes.
C'est à partir du VIIème siècle qu'émerge une aristocratie guerrière. Mais les nobles sont désunis, s'opposant en luttes de clans, et c'est Charlemagne qui incite ces hommes à une reconnaissance mutuelle.
Peu à peu les conflits de clans sont remplacés par des relations fraternelles et le concept de classe noble guerrière apparaît à ce moment là.
Ces aristocrates assurent leur puissance grâce à leurs richesses foncières. Les mieux nantis, les vassaux royaux, disposent d'alleux (terres dont ils sont propriétaires), issus d'héritages familiaux, mais aussi d'honneurs, concédés pour la durée d'exercice d'une charge, comtale par exemple, et de bénéfices accordés en échange de services, surtout militaires.
Ces possessions deviennent héréditaires, et de nouvelles relations naissent : c'est l'engagement vassalique. La puissance se mesure désormais au nombre d'hommes à qui l'on est en mesure de procurer une terre en échange de leur engagement. Inversement, les vassaux multiplient leurs fidélités afin d'accroître le nombre de leurs bénéfices. Et beaucoup d'hommes libres cherchent à se recommander : en ces temps incertains, servir un protecteur vaut mieux qu'une totale indépendance.
Évêques et abbés, à la recherche d'une protection, entrent eux-aussi en vassalité et n'échappent pas à l'intégration dans l'univers féodal.
Ne pouvant, du fait de leur vocation religieuse, remplir les obligations militaires, ils ont confié la gestion des églises et des abbayes à des avoués laïcs. Ces derniers ont fini par s'approprier les domaines écclésiastiques, maintenant menacés de dissolution par les partages des terres lors d'héritages.
Charlemagne devient l'Empereur, pas dans le sens de « roi des rois », mais comme continuateur et héritier des glorieux Césars romains (la Rome antique fait alors figure dépoque prospère et merveilleuse). L'Imperatrice d'Orient Irène fera tout ce qu'elle pourra pour ne pas reconnaître cet « usurpateur » qui lui fait perdre ses prétentions sur la réunification de l'Empire ; mais rien n'y fait : même s'il ne porte pas encore ce nom, le Saint Empire Romain Germanique est né (Saint car cautionné par l'Eglise, Empire Romain pour légitimer le pouvoir en le plaçant comme continuation de celui des Césars, Germanique car détenu par les Francs « barbares » - cette dénomination date du XVième siècle). La France s'en détachera dès Charles le Chauve, mais le Saint Empire durera jusqu'en 1806 (où il deviendra l'Empire d'Autriche).
- Son héritier unique, louis 1er le Pieux, lui succède en 814 mais il détruit l'oeuvre de son père en laissant l'Eglise prendre l'ascendant sur l'Empire, et surtout en reprenant la désastreuse politique de partage des Mérovingiens; c'est la fin de l'unité territoriale de l'Empire. À sa mort, L'inévitable guerre de succession aboutit au désastreux partage de l'Empire d'Occident qui aura lieu à Verdun, en 843 (Traité de Verdun); ce traité de Verdun partagera l'Empire de Charlemagne en trois bandes de pays d'importance relativement égales, à Lothaire la Lotharaingie et la couronne impériale, à Louis la Francie orientale et à Charles la Francie occidentale. A la mort du fils de Lothaire, la Lotharaingie sera démembrée et partagée entre les deux autres royaumes. L'unité du grand Empire a vécu (il ne sera que sporadiquement réunifié par cumul de couronnes de quelques mois). Ses deux moitiés suivront désormais leur propre destin : la Francie orientale garde le titre d'Empire et va devenir l'Allemagne, et la Francie occidentale se détache et devient la France.
- La vassalité : source du partage du pouvoir royal
La vassalité était un contrat privé entre deux hommes libres qui engageait deux parties : le patron et son vassal sous serment. Le " patron " devait garantir à son vassal une protection contre tous étrangers et envahisseurs, en contre partie le vassal acceptait sa suzeraineté et recevait un paiement nommé " bénéfice ".
Charlemagne a nommé de très nombreux vassaux qui se réunissaient chaque année des territoires de l'est. Ses fils et ses petits-fils se tournèrent vers les comtes, pour recruter leurs armées. Dans chaque hameau le recruteur recevait une parcelle de terre que le suzerain concédait à son vassal paiement de ses services. Il s'est ainsi créé une pyramide hiérarchique composée de multiples cellules dont la destinée dépendait de celles situées au sommet, elles-mêmes sous la tutelle de leur prince.
Le bénéfice de ces terres était d'abord donné en viager renouvelé en cas de mort du roi par le nouveau souverain, puis ces terres devenaient des propriétés personnelles: "des fiefs héréditaires". De simples comtes eurent ainsi de grands pouvoirs sur leurs sujets :
* droit de frapper leur propre monnaie et d'infliger des amendes,
* mainmise sur les droits judiciaires pénal et cadastral,
* possibilité de lever des impôts personnels qui peu à peu remplacent l'impôt royal et les dîmes publiques servant au fonctionnement des Provinces de l'Etat et de l'Eglise...
Dès 847, Baudouin Bras de Fer (gendre du roi) devient comte de Flandres et Robert dit le Fort (1er des Capétiens) reçoit le duché de France (entre Seine et Loire) puis en 864 (pour avoir lutté contre les Germains) les comtés de Nevers et d'Auxerre.
Le pays exsangue se brise en provinces gouvernées par des vassaux qui ont des titres de : Prince, Marquis, Duc, Comte (le marquis a été créé par Charles en 863, pour les Marches).
Les vassaux du roi deviennent les vassaux du prince et les domaines royaux de la région (souvent ceux de l'Eglise) passent dans leurs mains.
Entre 800 et 900 l'influence royale diminue et les Grandes Familles prennent de plus en plus de pouvoirs, notamment les vicomtes de Blois, Tours, Angers, Chartres qui prennent de l'importance.
En Francie Moyenne le duc Boson (frère de l'impératrice Richilde, veuve de Charles le Chauve) fonde avec le comté de Bourgogne, le royaume de Provence. Le Nord se divise en 2 duchés : Haute et Basse Lorraine. La Gascogne au Nord de la Navarre devient indépendante comme la Bretagne.
L'Aquitaine duché national au VIIIème siècle, vice-royauté sous l'empereur Charlemagne se transforme en duché en 879 et passe sous le contrôle de la Maison de Gothie, l'ancienne province romaine dite de Septimanie à cause des sept grandes villes qu'elle conte La Gothie deviendra elle-même au Xème siècle le duché de Narbonne.
Au Nord de la Loire, Charles le simple récompense son frère Robert en lui concédant l'autorité princière entre Seine et Loire : le roi ne commande donc plus qu'au Nord de la Seine et encore naissent le marquisats de Flandres et de Neustrie. N'oublions pas que Charles a également cédé la Normandie à Rollon, puis le Vermandois (St Quentin) au comte Hébert qui participera à la conjuration contre Charles le Simple. Peu à peu l'autorité royale devenait de plus en plus précaire. Et l'étendue du Royaume se morcelait en petits fiefs et Provinces.
- Charles II le Chauve devient le premier roi de France (840-877). Les invasions normandes provoquent l'affaiblissement de la royauté. La féodalité se développe.
De la période anarchique 877-987 émergent les Robertiens . Entretemps (911), par la signature du traité de St Clair sur Epte qui accorde une région aux envahisseurs et dévastateurs venus du Nord, les Normands s'installent en Normandie. ROLLON, chef des Normands accepte le baptème et les anciens envahisseurs deviennent de surprenants bâtisseurs.
- Les invasions des VIKINGS (ou Normands)
Profitant des guerres fratricides que se livrent les trois petits-fils de Charlemagne (Lothaire, Louis II et l'empereur Charles le Chauve) des envahisseurs les VIKINGS arrivent par mer et par vagues imprévisibles du Danemark, d'Allemagne du Nord et de Norvège pour attaquer et piller les côtes normandes du pays Franc. Devant leurs victoires faciles ils s'enhardissent, remontent les fleuves et les rivières pour y semer la panique et disparaissent aussi rapidement qu'ils sont venus.
En 810 : ce sont les Côtes de Frise et d'Angleterre qui sont pillées . L'île de Noirmoutier en 820, Rouen en 841. Pendant qu'en 843 les 3 petits-fils de Charlemagne ratifient le serment de Strasbourg et signent le traité de Verdun, Nantes est pris d'assaut pendant que les chrétiens entendent la messe dans la grande cathédrale. L'évêque Gunhard et ses fidèles seront tous assassinés...
Un raid arrivera même jusqu'à devant Paris en 845. Les français se cotiseront pour verser un lourd tribut de paix aux envahisseurs.
En 843 les moines de l'île de Noirmoutier s'enfuient devant une nouvelle invasion normande ils emportent avec eux les reliques de St Philibert leur patron. Ils s'établiront à Tournus sur Saône, de même les Tourangeaux emporteront avec eux les ossements de St Martin pour les mettre à l'abri en Bourgogne.
En 848 Bordeaux est mis à sac, en 858 Orléans et la vallée de la Seine sont envahis. Charles le Chauve étant tenu en échec devant Oscelle, la panique gagne les aquitains et les bretons qui demandent le secours de Louis II le Germanique. Il viendra mais pour piller la Francie Occidentale au point que Charles le Chauve devra se réfugier en Bourgogne. Le concile de Metz de 859 réconciliera nouveau les deux frères.
En 859 les Normands prennent Amiens, Noyon, Beauvais puis pénètrent en Méditerranée, ils pillent la Camargue, la Vallée du Rhône et l'Italie.
En 869 à Arles en Provence, les Normands emmènent l'archevêque Roland prisonnier. Après avoir encaissé la rançon, ils déposeront sur la plage, le corps sans vie du prélat qu'ils assoiront dans un fauteuil revêtu de ses habits épiscopaux .
En 873 ils sont à Angers, mais ils sont battus par Charles le Chauve qui a construit des ponts fortifiés pour leur barrer le passage et un ouvrage massif au confluent de l'Eure et de la Seine.
En 881 ils avancent vers Cambrai et Amiens mais sont battus par Louis III et Carloman à Saucourt en Vimeuf (près d'Abbeville).
En 882 ils envahissent l'Ile-de-France et Reims. En 911 les Normands signent la paix et s'installent près de l'estuaire de la Seine. Ils se révéleront comme de remarquables architectes.
Un péril s'écartait un autre arrivait: les HONGROIS envahissent l'Allemagne du Sud, la Lorraine, la Lombardie et la Vallée du Rhône. Ils atteignent la Bourgogne et le Berry en 935 et Rome en 937, puis l'Aquitaine en 951. Heureusement l'empereur Othon 1er ou encore nommé (Othon 1er le Grand) remportera la victoire sur eux en 955 en Bavière.
- Louis V le Fainéant, le dernier souverain carolingien s'éteint.
Après s'être illustré dans la défense du Royaume de France contre les Normands où il concurrence les deniers descendants de la lignée de Charlemagne, Hugues Capet s'empare de la couronne (987-990) et fonde ainsi la dynastie des Capétiens.
- Les Capétiens
Dynastie remontant à Hugues Capet, qui se fit élire roi de France en 987 contre le dernier prétendant légitime de la lignée carolingiennne, Charles, duc de Basse-Lorraine. Concédée à l'origine de façon élective, la dignité royale ne devint héréditaire chez les Capétiens qu'à partir de 1179. D'abord limitée au seul duché de France (Paris et Orléans), la juridiction capétienne s'étend progressivement, grâce à une habile et tenace politique d'annexion, à d'autres régions : Artois, Vermandois, et Auvergne sont intégrés au royaume sous Philippe Auguste (1180-1223) qui confisque en outre au roi d'Angleterre Jean sans Terre l'Anjou (berceau de la famille des Plantagenêt), le Maine, la Normandie, le Poitou, la Saintonge et la Touraine ; le domaine capétien saugmente encore du comté de Toulouse sous Philippe III le Hardi (1270-1285), de la Champagne, de lAngoumois et du comté de Lyon sous Philippe IV le Bel (1285-1314). La lignée des Capétiens directs donna 14 rois à la France, dont Saint Louis (1226-1270) , et s'éteignit avec Charles IV le Bel (1323-1328), dernier des trois fils de Philippe IV le Bel. Lui succèda la branche des Capétiens Valois, dont Charles V (1364-1380) fut le troisième représentant après Philippe VI de Valois (1328-1350) et Jean le Bon (1350-1364) . La lignée des Valois se prolongea jusqu'à la mort d'Henri III en 1589. Le successeur de ce dernier, Henri IV (1589-1614), fut le premier Capétien de la branche de Bourbon, qui se maintint sans interruption jusqu'en 1791, à la déposition de Louis XVI.
- Quand Hugues Capet est élu par ses pairs roi en 987 ( la dynastie durera jusqu'en 1328), la France est dominée par de puissants seigneurs qui se partagent le territoire. A partir de son règne, la France ne connait plus de véritables invasions. Mais comme le pays a été souvent divisé, et de vastes territoires avaient été distribués aux grands seigneurs en remerciement de leurs services, les possessions directes du roi se trouvent réduites à un petit domaine dans l'Ile-de-France. Le domaine royal forme la base politique et économique de la puissance du roi. Il établit sa capitale à Paris, au centre de son domaine. Paris présentait l'avantage d'être un port sur la Seine situé sur l'axe des futures routes marchandes. En l'an mil, Paris était limité à l'ile de la Cité au milieu de la Seine. Deux ponts de bois traversaient le fleuve, un de chaque côté. Paris avait aussi l'avantage d'être entouré d'épaisses forêts qui se prêtaient aux chasses royales.
Succèderont au premier roi capétien Robert II le Pieux, Henri 1er et Philippe 1er.
- Le roi dispose d'un atout majeur qui lui donne de l'autorité sur les autres seigneurs qui, bien qu'ils soient ses vassaux, sont parfois plus puissants que lui. C'est que le roi est couronné et sacré par un évêque à Reims, et est ainsi reconnu comme roi de droit divin. Ce sacre religieux assure au roi un pouvoir surnatuel qui le distingue de ses vassaux et lui garantit un prestige incomparable malgré ses maigres terres. Cet avantage, tout ce qu'il y a de plus immatériel, sera soigneusement exploité par la dynastie pour survivre (Louis VII vers 1180), puis pour justifier son pouvoir grandissant.
La chance des Capétiens, est d'avoir reglé les problèmes de succession par le principe de primogéniture, c'est à dire que la priorité est toujours accordée à l'aîné des enfants. On précise aussi que cet ainé doit être un mâle.
- 1066 Un Normand, Guillaume Ier (le Conquérant) envahit l'Angleterre.
Guillaume instaure une noblesse militaire très hiérarchisée, avec un code d'honneur.
- 1095 Le pape Urbain II prèche la Croisade au Concile de Clermont. Cette première croisade se met en marche en 1098 pour libérer les lieux saints de l'occupation musulmane. Les empereurs byzantins MIchel VII et Alexis Ier Comnène avaient demandé l'intervention de l'Occident contre les Turcs Seldjoukides, à l'imitation des secours apportés à la lutte contre les Maures en Espagne.
- XIIème-XIIIème siècle.
Le XIIème siècle commence avec la succession de Henri Ier Beauclerc à son frère Guillaume II. Henri Ier usurpe le trône à son second frère, Robert II, alors en croisade. A Byzance on condamne les hérétiques bogomiles; en Palestine, l'ordre religieux des Hospitaliers est fondé, il se transformera en ordre des chevaliers de Malte en 1530; Frédéric Ier Barberousse est couronné empereur à Rome en 1155; Richard Ier Coeur de Lion devient roi d'Angleterre; la Troisième croisade est conduite par Philippe II Auguste... Le XIIème siècle c'est aussi la première traduction française de la Bible, le développement des "chansons de geste", la fondation de Moscou, l'assassinat de Thomas Becket, l'emploi de la poudre noire par les Chinois à la bataille de Caishi...
- La France est le pays le plus peuplé d'Europe (17 millions d'habitants)
- Naissance de la langue française, sur la base du francien (dialectes nombreux) >->
- Société et économie d'abord bien équilibrées : Les trois ordres :
- Ceux qui travaillent : pays rural, importance de la terre et des paysans. Les paysans ne possèdent pas souvent leur terre. Relation entre seigneur et métayer (l'occupant de la terre qui donne la moitié /meitie/ de sa récolte au seigneur qui la possède) fondée sur la réciprocité des services : travail contre protection armée. Importance du code d'engagement, des contrats
- Ceux qui combattent : ordre de noblesse très hiérarchique, fondé sur l'allégeance. Esprit chevaleresque, courage, valeur au combat, protection Relation suzerain-vassal permet aussi la transmission des biens matériels (terres, qui vont avec le nom de famille et les armes) ; la femme ne peut pas hériter de son père ou de son mari, d'où l'importance économique du mariage dans la transmission des biens; Mariages arrangés très courants. La littérature s'adresse souvent à ces nobles (ou nobliaux) lettrés, qui protègent les auteurs : naissance de l'amour courtois.
- Ceux qui prient : détiennent le vrai pouvoir direct sur les gens (église définit le village). Les religieux perpétuent un ordre religieux et moral, mais aussi économique (ils marient les gens). Ils contrôlent l'âme et le corps, et la parole (écrite et parlée) ils détiennent le savoir (latin). Persécutions fréquentes : Juifs, Cathares (virginité). Importance idéologique de la menace des " Infidèles " (les Musulmans) qui renforce la chrétienté et l'identité nationale. Importance des valeurs religieuses dans la littérature. L'essor des villes aux XIème-XIIème siècles perturbe cette stabilité fragile
- L'économie naît autour de spécialités industrielles dans les villes (bâtiment, textile). Les villes grandissent (plus de protection, conditions de vie plus faciles). Les marchands et les commerçants s'enrichissent et s'organisent en sociétés indépendantes de l'église et de la noblesse :
- confréries artisanales, guildes marchandes. Naissance des banques, importance croissante de l'argent (frappe de la monnaie au XIIIème siècle). Naissance d'un pouvoir économique laïc (lay). Les bourgeois revendiquent une culture en langue vulgaire (fabliaux, théâtre vulgaire), et des religions différentes.
- Naissance d'un quatrième ordre : ceux qui ne font rien, sans être nobles (qui ont du temps pour lire, à qui les arts donnent une légitimité et une identité).
- Changement dans le monde universitaire des clercs (lettrés) :
- Le trivium (dialectique, rhétorique, grammaire) enseigne le latin aux étudiants : on recopie, on imite les auteurs antiques. Avec la diffusion plus grande des livres, plus de sources sont disponibles : on commence à questionner les classiques, à critiquer leurs idées, à les comparer. Apparition du commentaire critique. Querelle philosophique entre les Idéalistes (Platon) et les Nominalistes (Aristote) ; querelle sur l'interprétation de la Bible. La relativisation des grands modèles provoque une diversification littéraire. >->
- LE BAS MOYEN ÂGE
De 1108 à 1180, on assiste à un essor économique et urbain. Les communes se constituent. L'Église se renouvelle. C'est l'époque de la chevalerie et des croisades. La bourgeoisie prend forme et les arts connaissent un nouveau souffle (art roman, puis gothique). L'ombre d'une menace plane pourtant: l'"Empire angevin" des Rois d'Angleterre (Plantagenêts).
- Louis VI le Gros (1108-1137): Il tentera durant son règne de 1108 à 1137 d'imposer le prestige de la monarchie aussi bien à l'intérieur de son royaume (comme ses prédécesseurs) que dans l'Europe chrétienne :
* Il entre en conflit avec les petits seigneurs qui contestent son pouvoir en Ile-de-France en se comportant comme des châtelains brigands : il s'impose face à ces vassaux non respectueux en occupant leur territoire et en faisant détruire leurs donjons.
*Il défend son royaume face à une tentative d'invasion de la part du puissant empereur d'Allemagne Henri V qui se dirige vers Reims. Il rassemble, en usant du droit de l'ost royal, les chevaliers de son royaume en 1124 pour barrer sa route.
- Louis VII ( 1137 -1180 ) fait figure de grand roi. Son mariage avec Eléonore d'Aquitaine donne tout le Sud-Ouest à la France qui s'étend ainsi jusqu'aux Pyrénées. Son prestige grandit encore lorsqu'il prend la direction de la deuxième croisade.
- 1147-1149: La deuxième Croisade: Cette expédition militaire organisée par l'Eglise et prêchée par saint Bernard de Vézelay, elle eut pour origine la reconquête du comté d'Edesse par les musulmans. Commandée par le roi de France Louis VII et l'empereur germanique Conrad III, elle échoua devant Damas...
-
Malheureusement, les deux époux ne s'entendent pas et la reine divorce ; peu de temps après, elle épouse Henri Plantagenêt a qui elle apporte en dot ses territoires d'Aquitaine. Du coup, le roi d'Angleterre se retrouve à la tête d'un royaume plus puissant que celui du roi de France. Solidement installé dans ses possessions normandes, d'Anjou et d'Aquitaine, il représente une grave menace pour la France. L'affrontement est inévitable. Ce fut la cause de trois siècles de luttes entre Capétiens et Plantagenêts.
- Le XIIIème siècle, apogée du Moyen-Age (1180-1330)
Le XIIIème siècle, en France, s'ouvre en fait à la mort de Louis VII (1180), couvre les règne de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint Louis, Philippe le Hardi et Philippe le Bel, et agonise avec les trois fils de ce dernier.
- Prospérité
La prospérité de la France du XIIIème siècle vient d'abord de la prospérité des paysans, qui représentent encore l'écrasante majorité de la population. Les famines générales disparaissent quasiment en Europe, et on ne compte plus guère que des disettes régionales.
Cette prospérité a plusieurs causes. D'abord le développement des réseaux commerciaux, qui permet d'importer de la nourriture lors des pénuries. Ensuite, les surfaces cultivées s'accroissent (défrichements partout, et aussi gains sur la mer comme en Hollande). Les rendements augmentent (assolement triennal, usage plus répandu du cheval pour tirer les charrues, premiers traités d'agronomie). Le bétail devient de plus en plus nombreux en conséquence, même si la demande en céréales freine l'extension des pâturages.
Sur le plan technique, les campagnes s'équipent (moulins à eau et autres exploitations de la force hydraulique) ; la technologie n'est pas forcément améliorée (même si les chantiers des cathédrales ont mené à nombre d'innovations), elle est surtout plus diffusée. En construction, le bois disparaît des grandes constructions (châteaux, églises, palais) au profit de la pierre. Le fer est exploité plus intensivement (en Espagne, en Suède). Le progrès technique est surtout visible dans les produits de luxe, notamment en draperie, la spécialité italienne et flamande (La laine venant d'Angleterre, on voit au passage pourquoi la fidélité de la Flandre au roi de France sera souvent chancelante lors des guerres). Les métiers à tisser, le rouet apparaissent et se mécanisent. Leur extension est lente, souvent limitée par des intérêts privés. La soie est une autre industrie en plein essor. Auparavant importée de Byzance, elle est à présent produite en Italie après la quatrième Croisade. Autre nouveauté capitale, le papier est emprunté aux Musulmans.
Les routes et les moyens de transport ont été la condition du développement commercial. La sécurité des voyageurs est aussi meilleure ; de nouveaux axes commerciaux apparaissent donc. La boussole apparaît vers 1190. Les (encore très sommaires) cartes maritimes (portulans) et le gouvernail n'empêchent pas la navigation de rester risquée et hasardeuse. Les navires grossissent, surtout au Nord (domaine de la Hanse). La législation maritime et commerciale se développe également pour réguler cette expansion.
Les foires sont de plus en plus nombreuses, contrôlées et encouragées, particulièrement en Champagne. Les systèmes judiciaires doivent suivre tant bien que mal pour régler les litiges ; l'utilisation de l'écrit se développe en partie en réponse à cela. Les poids et mesures, encore loin d'être unifiées, sont au moins contrôlées par les corporations et administrations. Les princes protègent même les marchands originaires des États ennemis ! L'explosion du commerce est donc loin d'être un accident.
Le change et le calcul restent embryonnaires, mais les premiers manuels de calcul apparaissent (Fibonacci). Le prêt à intérêts, réprouvé par l'Église, est de plus en plus facilement excusé, et se répand malgré tout (en partie grâce aux Juifs, qui ne peuvent guère exercer d'autre métier).
La monnaie évolue aussi : les mines d'argent tournent à plein rendement, et les monnaies d'or réapparaissent, signe que les quantités de monnaie nécessaires sont de plus en plus considérables. C'est aussi une marque de prestige pour un État. Autre phénomène capital, la monnaie se répand dans les campagnes ; la part des impôts payée en argent devient importante. La fortune devient de plus en plus un signe de reconnaissance sociale.
- La société
La société féodale atteint au XIIIème siècle son équilibre, entre clergé, noblesse (haute et petite), gens libres et serfs. Passer d'un état (noble, libre ou serf ; le clergé est hors-classe) à l'autre est quasiment impossible, et cela est justifié par un hypothétique "bien commun".
La noblesse voit son pouvoir se réduire, à cause de l'apparition de l'armée de métier, la pacification relative des États, la puissance croissante des rois et des villes, et de l'idéal chevaleresque généreux (la brute cède la pas au prud'homme instruit et réfléchi, qui oeuvre pour le bien commun). Enfin, le train de vie s'élève et les ressources des nobles ne suivent pas toujours, pendant que les commerçants s'enrichissent, ce qui diminue la puissance économique de la noblesse. Certaines familles doivent vendre leurs terres.
Certes, les nobles restent souvent très puissants (électeurs allemands, barons anglais, constitution en groupes d'influence...). La petite noblesse (économiquement la plus faible) peut s'élever par le service du roi, ou se vendre aux plus grands barons. Ces derniers forment de plus en plus un groupe social distinct.
Les paysans profitent bien sûr de l'expansion économique. Les affranchissements par rachat se multiplient et le roi favorise la libération des serfs. Une petite classe de paysans aisés apparaît. Mais ces progrès sont très inégalement répartis, la situation empirant dans certaines régions. Les seigneurs gardent la suprématie. Les dettes paysannes s'accumulent (souvent au profit des paysans aisés).
La démographie suit ce développement (doublement de la population européenne entre 1200 et 1340), au profit des villes souvent, qui mettent en sujétion économique les campagnes environnantes.
Les corporations sont l'épine dorsale de la société urbaine. Nées d'un désir de contrôle et de réglementation, elles permettent la domination des patrons. Les bourgeois sont les gens les plus favorisés économiquement et légalement, mais le patriarcat (grands marchands, nobles, propriétaires fonciers... mais pas d'artisans) garde le pouvoir politique, une fois l'hégémonie noble mise à bas. Les fortunes colossales des marchands les plus riches les rendent maîtres des villes ; le roi doit parfois intervenir pour protéger le peuple. Le processus est le plus développé en Italie, où l'Empereur n'a plus grand pouvoir sur les Cités-États.
Dans le domaine juridique, on a vu que le développement du commerce a forcé le développement de la justice et le passage à l'écrit. Le droit romain reprend le pas partout. Les anciennes coutumes et lois de chaque province sont en général conservées mais peu à peu mises par écrit. Le système judiciaire devient très complexe, et déjà paperassier et coûteux.
La constitution des États
Sur le plan politique, les pouvoirs royaux s'affirment en Europe de l'Ouest. En France, le roi ne tolère plus l'insoumission, ni la suzeraineté papale ou impériale (il est reconnu "empereur en son royaume"). Certes, le Saint Empire Romain Germanique, en conflit perpétuel avec la papauté, perd de son influence. En Europe de l'Est, les rois ont au contraire tendance à se faire déposséder de leurs prérogatives.
En fait, c'est surtout, c'est l'idée de royaume, d'un État, qui fait des progrès, au-dessus de la personnalité du roi (d'où, en France, l'inaliénabilité du domaine royal, qui n'est plus simplement la propriété du roi). Le roi doit gouverner en fonction du bien commun. Des mécanisme de contrôle apparaissent donc (Parlement anglais, États Généraux français...). En France, les institutions viennent à maturité sous Philippe le Bel.
L'Église et la religion
L'Église est la "monarchie" qui a le plus progressé au XIIIème siècle. Reconnaissant finalement que les princes ont un pouvoir temporel non lié à l'Église, et se reconnaissant incompétents pour certaines affaires de droit commun (même féodal), les papes s'arrogent par contre le pouvoir moral, et donc la possibilité d'intervenir directement malgré tout dans les affaires temporelles : des rois ou empereurs peuvent être jugés et excommuniés, voire déposés, des comtes cathares sont dépouillés, Jean sans Terre est excommunié pour avoir refusé de reconnaître un archevêque nommé par le pape.
Inversement, lorsque ce même Jean doit signer la Magna Carta, le pape la déclare nulle. Le pape aide les princes, mais veut garder une certaine suzeraineté sur eux. Cette suzeraineté peut être temporelle : la Sicile, l'Angleterre un moment, sont théoriquement données par le pape à leurs princes régnants. La séparation du temporel et du spirituel, voulue par les princes, est ainsi battue en brèche, et même hérétique... Dans l'Église, la primauté papale (droit canon) devient absolue dans tous les domaines.
Cependant, la position de l'Église est dans les faits toujours en retard sur la société, et les réformes y sont constamment à l'ordre du jour durant tout le siècle. L'Église tente aussi de se rapprocher de la masse des fidèles (le Purgatoire apparaît ; la pratique religieuse devient plus "matérielle" : rosaires, cérémonies...). L'hérésie (cathares...) est impitoyablement réprimée (Inquisition, croisades en Languedoc), mais mettra un siècle à disparaître.
Les ordres mendiants se développent (Dominicains, Franciscains...). Etablis dans les villes, ils sont à l'origine de l'évolution théologique (plus proche du peuple, mais souvent intolérante), ainsi que de tentatives d'évangélisation ratées (Afrique du Nord, Mongols) ou réussies (conversion des chrétiens nestoriens de Perse et de Chine).
Les universités sont encouragées ; elles deviennent autonomes (judiciairement et administrativement). Les études sont très longues et réservées à une élite. Une des grandes évolutions qui se sont produites sous le règne de Saint Louis est le développement de l'Université de Paris. Elle existait déjà, de même que celles de Montpellier ou Orléans. Elle prend une existence juridique, sous la tutelle directe du pape. Les locaux ne sont pas fixes, même si les "collèges" apparaissent pour loger les étudiants (d'où la Sorbonne). Les étudiants sont déjà agités, constamment en conflit avec le pape ou la police parisienne. Les maîtres en conflit avec l'Église (Thomas d'Aquin) sont les plus admirés. En conséquence, la théologie, centre de l'enseignement, perd un peu de place au profit des philosophes anciens (Aristote) ou étrangers (l'arabe Averroës), bien que l'Église aime peu l'influence de ces penseurs non catholiques. La réflexion est encouragée (dans certaines limites) ; les gros ouvrages de doctrine fleurissent.
Enfin, c'est l'âge des grandes cathédrales gothiques, commencées souvent au siècle précédent. Le renouveau de la foi, le support du pouvoir, l'enrichissement de la société, favorisent ce développement architectural, signe le plus visible d'une civilisation en plein essor.
Les lettres
La littérature voit apparaître des ouvrages en langue vulgaire car le public s'élargit. Le réalisme s'impose, l'humour est plus courant (fabliaux, Roman de Renart). Le siècle finira avec la Divine Comédie de Dante.
- 1189-1192: La Croisade des Rois
- Fils de Louis VII, Philippe II Auguste, veut bouter l'Anglais hors de France. Mais de longues années de luttes seront nécessaires, d'abord contre Richard Cur de Lion, puis contre son frère, le cruel Jean sans Terre, pour que le conflit tourne à l'avantage de la France.
En 1202, Philippe Auguste s'est lancé à la conquête de la Normandie ; il réussit à faire capituler la puissante forteresse de Château Gaillard qui en défend l'accès par la Seine.
Après la Normandie, il soumet le Maine, l'Anjou, la Touraine, le Poitou. L'empereur d'Allemagne, s'inquiétant de cet agrandissement de la France, s'allie avec le roi d'Angleterre. La formidable coalition s'apprête à envahir le royaume ; pourtant, Philippe Auguste arrête les deux armées à la bataille de Bouvines ( 1214 ). Son prestige, déjà grand, sort renforcé de cette victoire. Quand il meurt, en 1223, les Anglais ne possèdent, plus en France qu'une seule province du Sud-ouest : la Guyenne. Ce grand roi laisse donc une France sauvée des menaces extérieures et une monarchie consolidée.
- Saint Louis (Louis IX) règne de 1226 à 1270. Son intégrité lui confère le rôle d'arbitre de la chrétienté. Philippe IV le Bel affermit la royauté capétienne. Le dernier Capétien direct, Charles IV le Bel meurt en 1328. Suit une crise dynastique qui fait renaître l'antagonisme franco-anglais. C'est ce qui provoque la Guerre de Cent Ans.
- Une période de crise, au XIVème siècle
- - la famine :
Une famine ravageuse survient en Allemagne en 1309, puis s'étend à toute l'Europe occidentale en 1315 et 1316.
Un refroidissement climatique explique en partie ce phénomène, aggravé en 1315 par de fortes pluies continues. Cependant, la catastrophe prend toute son ampleur à cause de la surpopulation qui touche les terroirs et les villes manufacturières, où affluent les immigrés ruraux.
- - la peste :
Dans les villes, insalubres, les populations sous-alimentées résistent mal aux épidémies de peste, qu'une médecine balbutiante se révèle incapable d'enrayer.
De 1347 à 1349, suivant les grands axes commerciaux, la maladie se propage jusqu'en Ile-de-France, où elle ravage Paris de juin 1348 à juin 1349. Présente en Europe centrale dès 1347, elle gagne les Pays-Bas et l'Angleterre, puis l'Écosse et les pays scandinaves en 1350. Paris doit encore subir ses attaques récurrentes en 1361-1362, alors que la peste des enfants s'abat, particulièrement sévère, sur le Languedoc en 1363.
Certains préfèrent fuir, d'autres se murent chez eux. Prince ou serf, riche ou pauvre, nul n'est épargné par le fléau. Les historiens estiment à 25 millions (soit le tiers de la population) les victimes de la Grande Peste en Europe occidentale.
Les effets varient cependant d'une région à l'autre, voire d'un village à l'autre. Le Béarn, tout comme l'Allemagne méridionale, semble avoir bénéficié d'une grâce particulière. En raison de la promiscuité qui règne dans les grandes villes, celles-ci sont plus ravagées que les hameaux isolés.
- - la guerre et les pillages :
Enlisée dans la guerre de Cent Ans (1337-1475), à laquelle s'ajoute de 1407 à 1413 le conflit entre Armagnacs et Bourguignons, la France, est sans doute le pays le plus touché par les multiples conflits qui s'étendent sur toute l'Europe occidentale.
Les conflits mobilisent de plus en plus d'hommes, sur terre ou sur mer, où pirates et gardes-côtes mercenaires sévissent. Les armes se multiplient et se perfectionnent.
Les trèves n'apportent aucun soulagement aux campagnes pillées par des armées dépourvues de tout autre moyen de ravitaillement, et la tactique de la terre brûlée, utilisée pour repousser l'ennemi, n'arrange rien.
Inévitablement, les récoltes, mauvaises et peu nombreuses, provoquent une hausse des prix jusqu'en 1310. Les salaires aussi sont en hausse : les hommes deviennent rares, et les seigneurs sont prêts à y mettre le prix, afin d'avoir de la main d'oeuvre et de relancer l'exploitation de leurs terres.
Mais en 1317, les récoltes sont trop nombreuses, c'est le phénomène inverse qui se produit...
En fait, curieusement, la condition paysanne s'améliore plutôt au début du XIVe siècle. Certes, le servage sévit encore, plus fortement en Angleterre et en Europe centrale. Mais beaucoup de ruraux tirent profit de la hausse des produits céréaliers de 1317-1318.
Ceux qui ont survécu à la peste profitent du bas prix de la terre désertée : nombre de paysans élargissent leurs terroirs et louent cher leur force de travail à une noblesse souvent ruinée.
Néanmoins, dans ce climat d'incertitude et d'insécurité, la population ne supporte pas les taxes, sans cesse augmentées pour payer la guerre. La production et la consommation sont en recul dans cette société perturbée, où les pouvoirs, publics comme seigneuriaux, sont plus que jamais contestés.
- Les péripéties de la guerre de Cent Ans dévalorisent le pouvoir royal au profit des aristocraties.
Les états généraux entendent jouer leur rôle : ils sont réunis dix-sept fois en France au cours du XIVe siècle, pour le vote de subsides, le règlement des successions ou l'approbation des traités. Mais, malgré le contrôle qu'ils prétendent exercer sur les finances publiques, ils ne menacent guère le pouvoir du roi, pas plus que ne le font les assemblées locales, que le souverain sait finalement utiliser à son avantage.
Les grands du royaume cherchent plus à contrôler l'autorité du souverain qu'à la détruire.
Entre 1314 et 1483, les conflits se succèdent au sein d'une même dynastie, ou entre dynasties rivales. L'enchevêtrement des liens familiaux et des obédiences vassaliques a depuis longtemps brouillé les points de repère politiques et sociaux, tout en nourrissant des conflits d'autorité dont l'arbitrage incombe à la force plus qu'au droit.
Les échecs dans la guerre de Cent Ans ternissent profondément le prestige de la monarchie française, en même temps que celui de la chevalerie. Les défaites préparent certes une remise en cause de la stratégie et des armées, mais aussi de toute une organisation sociale fondée sur l'aristocratie militaire.
Dans un royaume humilié, désorienté, privé de souverain (Jean II le Bon est prisonnier en Angleterre), soumis aux ambitions de Charles de Navarre et en proie aux révoltes populaires, un mouvement de révolte se crée, pour être étouffé dans l'oeuf.
Mais partout en Europe, campagnes et villes sont gagnées par des flambées de violence. Expression d'une rageuse lassitude, ces mouvements sont dépourvus de programme social et politique, bien qu'ils soient, de fait, antifiscaux et antiseigneuriaux.
Dans les campagnes, les défaites militaires, l'incurie des seigneurs absents, les pillages et les destructions, l'accroissement de la fiscalité royale et seigneuriale provoquent de brusques protestations, non pas tant des plus pauvres, mais surtout des nouveaux enrichis, qui craignent de voir fondre leur acquis. Les meilleurs terroirs agricoles sont touchés.
Ces révoltes prennent généralement l'aspect d'effrois spontanés, violents, et cruellement réprimés.
Mais le malaise est loin d'être seulement d'ordre politique. En effet, après guerres, famine, pestes, les hommes s'étonnent d'être encore en vie et, ne trouvant aucune explication acceptable dans la religion, ils la délaissent.
La population se met à penser qu'il faut profiter de chaque instant, au maximum. La mode se développe, les parures se font somptueuses, les bals, banquets, se succèdent parmi la bourgeoisie. Mais le phénomène se ressent également chez les paysans.
Dans ce nouveau climat, la monarchie s'installe sur des bases plus solides qu'auparavant : plus aucune principauté ne vient défier l'autorité monarchique, c'est la fin de la féodalité et, avec elle, la fin du Moyen Age.
- Sous Philippe VI de Valois et Jean II le Bon, période plutôt sombre. Défaites de Crécy en 1346 et de Poitiers dix ans plus tard, ayant pour conséquence une importante implantation anglaise dans la France du Sud-Ouest.
- 1348 : Épidémie de peste
- 1378: début du grand Schisme d'Occident
- Charles V le Sage redore le blason français de 1364 à 1380. Mais ses efforts seront anéantis par son fils, Charles VI le Fou, duc de Bourgogne, qui est un allié des Anglais donc un adversaire de la royauté. Le royaume est submergé: défaite d'Azincourt (1415). Les Anglais deviennent maîtres du pays par le Traité de Troyes en 1420; le royaume reviendra à Henri V d'Angleterre et à ses héritiers après la mort de Charles VI, l'actuel roi. Le dauphin Charles est déshérité. Henri V épouse Catherine de Valois, fille de Charles VI. Il reconnaît la position du duc de Bourgogne et jure de respecter les coutumes du royaume de France, qui reste distinct de celui d'Angleterre; une double monarchie naît de ce traité, même si, en fait, la France est divisée en trois (la Bretagne étant à part).
- De 1422 à 1461, Charles VII d'abord aidé de Jeanne d'Arc débarrasse le territoire national de la présence des Anglais et restaure l'autorité royale.
- La Guerre de Cent Ans a duré de 1338 à 1436 (116 ans) mais il faut en soustraire toutes les trêves (notamment le début du règne de Charles VI).
La France en sort ruinée. Les batailles ont fait relativement peu de morts à côté des ravages des chevauchées (villages brûlés, villes pillées...), des famines et de la Peste.
La terre est retournée en friches en de nombreux endroits, des villes entières sont ruinées. Le commerce est presque au point mort, les marchands italiens ne s'aventurant plus dans les ports ou les zones de combats. Bordeaux, coupée de l'Angleterre, commence à péricliter.
Les régions moins touchées (Bretagne, Centre, Est, Midi) en profitent ; les circuits commerciaux se sont un peu restructurés vers ces régions.
Une catégorie de grands commerçants émerge, qui sait en tirer parti et remplacer les Italiens (Jacques Coeur). La bourgeoisie reprend toute l'influence perdue pendant la Guerre de Cent Ans.
Politiquement, le roi est encore faible ; les grands seigneurs ont repris leurs habitudes d'indépendance, en particulier le plus puissant, le duc de Bourgogne. C'est le travail de Charles VII et de Louis XI de rétablir la puissance royale.
- En 1453, les Turcs prennent Constantinople. C'est la fin de l'Empire chrétien d'Orient. Douze siècles séparent la naissance de la chute de l'Empire byzantin (330-1453): douze siècles marqués par une lente et totale transformation dans l'organisation politique et militaire, sociale et religieuse. Héritier des puissantes institutions politiques romaines, de la brillante culture et de la riche langue grecques, de la religion chrétienne, l'Empire byzantin survivra, grâce à son rayonnement artistique, bien au-delà de la chute de Constantinople.
- Louis XI devient roi de France en 1461. Il promet l'aide à Jean II d'Aragon contre la Castille. Son armée, sous les ordres de Gaston IV de Foix, franchit les Pyrénées. Une autre occupe le Roussillon et réunit ce territoire, ainsi que la Cerdagne au royaume français.
Louis XI occupe la Bourgogne et la Picardie.
En 1481, à la mort de Charles du Maine, ses territoires - à savoir le Maine et la Provence - sont réunis au royaume
- Charles VIII succède à son père en 1483 mais la régence est assurée jusqu'en 1494 par Anne de Beaujeu, sa sur.
Les Grands, menés par Louis d'Orléans, tentent de se soulever contre la régente mais sont battus en 1488. En 1490, Charles VIII annexe la Bretagne grâce à son mariage avec Anne de Bretagne.
En 1492, c'est la fin de la Reconquista espagnole. Les Espagnols reprennent les villes comme Grenade aux Musulmans. Christophe Colomb et ses 3 caravelles accostent aux Bahamas.
En 1498, Charles VIII décède. Il ne laisse aucun héritier mâle vivant à sa mort, aussi la couronne passe aux mains des Valois-Orléans.
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