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Shakespeare (William) (Stratford-on-Avon, Warwickshire, 1564 - id., 1616)
- Une production immense et diverse, comportant des comédies, des tragi-comédies, des drames historiques et des tragédies. Si les uvres sont difficiles à dater, on peut distinguer schématiquement quatre périodes chronologiques, dont chacune correspond de façon plus ou moins précise à un certain type de créations : la période qui va de 1590 à 1594 est considérée comme une période d'expérimentation, pendant laquelle Shakespeare écrivit surtout des pièces historiques encore influencées par le théâtre classique. De 1594 à 1600, il atteignit, dans la même veine, une période de maturité. C'est de 1600 à 1608 que furent composées ses pièces les plus sombres ; enfin, de 1608 à la fin de sa vie, il écrivit des tragi-comédies romanesques où plus que jamais il pratiquait le mélange des genres.
- Pièces de 1590-1594
Les premiers drames historiques de Shakespeare, à une époque où le genre, encouragé par les autorités, est très populaire, mettent en scène les troubles politiques du XVème siècle, cherchant dans le passé national des leçons pour l'avenir d'une Angleterre en pleine expansion.
Pour construire les intrigues de ses pièces, Shakespeare, comme le faisaient couramment les dramaturges de son temps, s'inspirait souvent de faits historiques rapportés dans des chroniques ou dans des travaux d'historiens, mais il puisait également sa matière dans les sujets de pièces antérieures. Son uvre dramatique qui, dans sa totalité, couvre une période qui va du XIIIème siècle au règne d'Henri VIII, fondateur de l'Église anglicane, oppose la sagesse des Tudor, souverains de l'ordre et de l'harmonie, aux débordements de leurs prédécesseurs, les Lancastre et les York.
- Les trois volets de Henri VI (1591-1592) et Richard III (1592-1593) constituent ce qu'on appelle le cycle des Henri VI et décrivent les ravages qu'engendrent la faiblesse ou la corruption du pouvoir et les choix politiques motivés seulement par l'ambition personnelle. Le cycle s'achève sur la mort de Richard III et l'accession au trône d'Henri VII, le fondateur de la dynastie des Tudor à laquelle appartient Élisabeth Ire. Par leur style et leur structure, ces pièces s'apparentent aux uvres des premiers dramaturges du règne d'Élisabeth, notamment à celles de Christopher Marlowe.
Le goût de Shakespeare pour la tragédie sanglante, également présent dans les uvres de son contemporain Thomas Kyd, atteint son paroxysme dans Titus Andronicus (v. 1594), pièce où certains décèlent l'influence de Sénèque.
La même période a également été féconde en comédies. La Comédie des erreurs (v. 1592) est une farce qui, jouant sur le ressort de la confusion d'identité entre jumeaux, s'inscrit dans la veine de la comédie latine, notamment celle de Plaute. Dans une moindre mesure, la Mégère apprivoisée (v. 1593) relève également de la farce. Quant à la pièce les Deux Gentilshommes de Vérone (v. 1594), elle célèbre l'amour romanesque. À l'inverse, Peines d'amour perdues (v. 1594) ridiculise l'emphase amoureuse : les traits d'esprit dont les personnages abusent parodient le style de la cour et la pédanterie des uvres galantes du moment, notamment celles de John Lyly. Ces comédies exotiques, caractérisées par la liberté de ton et de construction, sont pleines d'allant, mais n'atteignent pas la profondeur et la subtilité des comédies ultérieures.
- Pièces de 1594-1600
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Cette période est surtout celle des grands drames historiques et des comédies joyeuses. Les drames, Richard II (v. 1595), les deux volets d'Henri IV (v. 1597) et Henri V (v. 1598) forment le cette période, où domine une des caractéristiques du le et couvrent la période historique règne d'Henri VI. Richard II, monarque de sa responsabilité envers son peuple, perd son son orgueilleux successeur, Henri IV. L'alternance qui précède immédiatement le du registre de la tragédie e troyaume au profit de de la comédie bouffonne, qui est théâtre shakespearien, est mise en place avec le personnage de Falstaff. Parmi les comédies de badinage amoureux, la plus cycle des Henri IV célèbre reste faible, bienveillant mais oublieux le Songe d'une nuit d'été (v. 1595). gracieuse qui caractérise La repose de plusieurs intrigues, mettant beaux, spirituels, valeureux et nobles, mais en scène des couples d'amoureux sur le principe de l'imbrication aussi des petites gens et des personnages de la gent féerique, parmi lesquels Puck, Oberon et Titania. Dans fantaisie cette pièce la tragi-comédie le Marchand de Venise (v. 1596), à venir, la peinture, par Portia, se retrouve fréquemment dans et de l'amour romanesque a pourtant moins retenu courante dans le théâtre de la Renaissance, de l'amitié masculine complexité ambiguë du personnage l'attention de la postérité que la son climat sombre prépare les tragédies de l'usurier juif Shylock. Le personnage de la jeune femme vive, spirituelle et raisonnable, incarné d'autres comédies, par exemple qui par dans la Nuit des rois, avec le personnage de la jeune Viola.
De cette période datent également Beaucoup de bruit pour rien (v. 1599) et les deux comédies romanesques les anglaise est l'un des ressorts mis en uvre plus élaborées de Shakespeare, Comme il vous plaira (v. 1599) et la Nuit des rois (v. 1600), mélange d'ironie et de lyrisme, par la peinture de sur la distance qui sépare entre les manières en usage à la cour élisabéthaine et celles de la province dans Comme il vous plaira. Dans la Nuit des rois, les incertitudes romanesques de l'amour sont encore compliquées par les jeux apparence et réalité. Le contraste de travestissement, où nul n'est ce qu'il paraît être, si bien que la princesse Olivia tombe amoureuse de Viola déguisée en homme. À la même époque, le personnage comique de Falstaff resurgit dans une farce, les Joyeuses l'ambiguïté des sentiments et par un jeu subtil Commères de Windsor (v. 1599).
Deux importantes tragédies appartiennent également à cette période. Roméo et Juliette (v. 1595) à la se distinguent par meurtrière et vengeresse de leurs familles rivales, les Capulet et les Montaigu. qui précieuse, faite un piquant L'éblouissante rhétorique amoureuse, hyperbolique et haine de traits d'esprit, de métaphores filées, demeure inégalée, même si plus met en scène l'amour contrarié et la mort tragique de deux jeunes amants dans Vérone livrée tard, dans Antoine et Cléopâtre, l'amour centraux dans le drame élisabéthain tragédie politique, qui traite des thèmes, et de la trahisonsera peint avec non , du pouvoir moins de force. Jules César (v. 1599), en revanche, est une.
- Pièces de 1600-1608
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La troisième période de du pessimisme shakespearien. Le malheur y devient inhérent à la condition humaine et le héros, livré les drames historiques, qui peignaient certes des faits sanglants mais proposaient enfin aux à ses erreurs ou à ses peurs, ne semble pouvoir trouver de repos ni en ce monde ni hommes une solution politique à leurs problèmes, les tragédies marquent une aggravation la création shakespearienne correspond aux grandes tragédies et aux comédies sombres. Après dans l'autre.
Dans Hamlet (v. 1601), la plus connue sans doute de ses tragédies noires, le thème de la vengeance exigée par l'honneur se double de l'ampleur d'un questionnement métaphysique. Othello (v. 1604), sombre tragédie de la jalousie et de la trahison, a immortalisé le personnage du Maure jaloux, Othello, de la reine innocente, Desdémone, et du confident perfide, Iago. Macbeth (v. 1606), de Macbeth qui, de guerrier qui est à la fois l'inspiratrice du meurtre du roi et l'instigatrice de la tragédie comme brave et fidèle, se laisse mener au régicide par de la figure fatale de lady Macbeth, de ses également tragédie de la trahison, relate mauvais conseils. La pièce est dominée par la déchéance propres remords. Le Roi Lear (v. 1605) est encore une tragédie de la au profit de une folie qui est le miroir tragique , comme il advient à celui du Danemark de meurtriers de cette période, de moindre importance dans Hamlet. Même royauté trahie. Le vieux roi Lear, ses filles aînées et de leurs époux, est abandonné et trahi par elles!; il sombre peu à peu dans qui s'est lui-même dépossédé de son royaume et de son pouvoir l'amour de la dernière de ses filles, Cordelia, ne peut sauver le roi Lear. Les autres tragédies du sort de son royaume tombé aux mains de traîtres et que celles dont il vient d'être question, sont inspirées de l'histoire antique : Troïlus et Cressida, (v. 1602), Timon d'Athènes (1605-1606), Antoine et Cléopâtre (v. 1606), Coriolan (v. 1608) traitent des bouleversements qui procèdent de l'usurpation du pouvoir légitime, mais sans atteindre à la grandeur tragique de Lear ou de Macbeth.
Les deux "comédies" de cette période, Tout est bien qui finit bien * (v. 1602) et Mesure pour mesure (v. 1604), sont teintées de pessimisme et d'inquiétude, à tel point que, malgré un heureux dénouement, elles n'entrent pas parfaitement dans la catégorie de la comédie et sont plus couramment appelées "pièces à problèmes". Elles annoncent ainsi les tragi-comédies de la dernière période.
- Dernières uvres
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Les tragi-comédies romanesques les plus marquantes datent de la fin de la vie de Shakespeare. Ces apaisement après les tourments des grandes tragédies, diffèrent cependant des premières uvres, Périclès (v. 1608), Cymbeline (v. 1610) et le Conte d'hiver (v. 1610), qui marquent un force poétique du verbe shakespearien comédie que le dénouement, placé sous le un duc exilé, possédant sagesse et puissance atteint son signe de l'espoir et de la réconciliation. Dans la dernière uvre, la Tempête (v. 1611), où comédies par leur tonalité grave, et n'ont de la, confond celui qui l'a spolié de son duché en usant de pouvoirs magiques, la apogée.
- En France, le théâtre classique vit dans toute cette production une uvre étrange, contraire aux préceptes aristotéliciens et aux bienséances, inclassable certes mais néanmoins admirable. Il faudra attendre le romantisme pour que soit admiré dans cette uvre ce qui avait déplu jusqu'alors : le lyrisme, l'expression paroxystique des passions, et surtout le mélange des genres et des registres, comédie et tragédie, rhétorique précieuse et jargon populaire, grands seigneurs et gens du peuple, grandeur d'âme et mesquinerie ordinaire, etc. Loué d'abord par Stendhal dans son Racine et Shakespeare (1823) >§<, Shakespeare fut également le modèle de Victor Hugo lorsque, dans sa préface de Cromwell (1827) >§<, il posa les bases théoriques de la révolution littéraire qui devait donner naissance au drame romantique. On retrouve également dans le théâtre de Musset (>D<), notamment dans Lorenzaccio (1834), une nette influence shakespearienne.
Depuis l'époque romantique, Shakespeare ne s'est plus vu contester sa dimension définitive, celle d'un des plus grands auteurs de la littérature universelle.
À lépoque de Shakespeare, la pensée européenne se basait sur celle du médecin Paracelse. Pour lui lhomme était lesclave de ses passions et sil voulait retrouver le salut il devait sen débarrasser. Pour ce faire, il lui fallait redevenir naïf et innocent comme un petit enfant en faisant un travail de métamorphose intérieure, lhomme devait passer une série dépreuve et mener une vie austère pour revenir aux divinités dorigines. Paracelse avait acquis une réputation étrange : ses collègues disaient quil "était le plus fou parmi les médecins et le plus médecin parmi les fous"
Dans le théâtre élisabéthain, le thème qui revient le plus souvent, ce sont les erreurs de Cupidon. Cest justement cet amour qui est la passion la plus dangereuse pour lhomme (daprès Paracelse), il doit donc sen débarrasser et ne soccuper que de lamour divin.
Shakespeare quant à lui nétait pas du tout daccord avec Paracelse. Il pensait que lamour est inscrit dans la nature humaine et que lhomme ne pourra jamais sen débarrasser. Lamour que Shakespeare présente est un amour purifié et lavé de toute bestialité . Cet amour est un premier pas vers le progrès que prône les philosophes de lépoque. Mais même si Shakespeare croyait en le fait que le monde était dirigé par des puissances, il semblerait quil ne se soit pas inspiré des sciences occultes mais des folklores anglais et breton qui sont très riches.
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Les ressources spécifiques en Études et Documents pour Roméo et Juliette
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