Rubriques à Bac / ELLIT : Littérature française du douzième siècle au vingtième siècle

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Construction & évolution de la langue française
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L'influence gauloise

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La langue mère: le latin

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L'influence du germanique

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La Gaule romaine connaît d'abord une période de prospérité et de stabilité. Mais, dès la fin du siècle des Antonins (192), la vie sociale commence à se disloquer. Cette tendance s'accentue à partir du IIIème siècle avec les incursions des Germains: du IIIème au IVème siècle ils déferlent sur le pays qu'ils se partagent en plusieurs royaumes, wisigoth, burgonde, alaman, franc rhénan et franc salien, tandis que les Gallo-Romains sont cantonnés dans le bassin parisien et la Bretagne. Menés par Clovis, l'un de ces peuples germaniques, les Francs Saliens, occupe le royaume gallo-romain en 486, bat les Wisigoths en 507 et absorbe le royaume des Burgondes, en 534. Il se produit alors un fait linguistique assez rare: contrairement à ce qui s'est passé lors de la colonisation latine, c'est la langue dominée, le latin, qui demeure la langue officielle.

Les raisons de son maintien sont religieuses et peut-être politiques: pour se concilier les évêques dans la lutte qu'il voulait entreprendre contre les Wisigoths, de religion arienne ou par conviction personnelle, Clovis se convertit au christianisme, religion officielle des Romains depuis 312. Ce faisant, les Francs obtiennent l'appui des Gallo-Romains, mais ils acceptent aussi le latin comme langue religieuse.

Des raisons culturelles expliquent aussi l'adoption du latin. La vieille civilisation latine est supérieure à la civilisation dominante et, malgré les troubles de l'époque, elle se maintient encore: dans les royaumes des Burgondes et des Wisigoths, l'administration romaine subsiste; chez les Francs, les Gallo-Romains conservent leurs biens; au IVème et au Vème siècles, malgré les invasions, il y a encore des écoles et des bibliothèques où l'on continue à lire et à étudier en latin. Ayant adopté la culture et la religion romaine les Francs calquent leur administration sur celle des vaincus et rédigent leurs lois en latin. Pendant une longue période il s'établit dans les zones conquises une sorte de bilinguisme, pour les Francs comme pour certains Gallo-Romains.

Les Francs ont transmis une partie de leur lexique à la langue qu'ils ont adoptée. On compte plus de 400 mots d'origine francique dans le vocabulaire français. Ainsi, la coexistence de deux aristocraties, gallo-romaine et franque, explique le caractère bilingue de la terminologie guerrière et administrative: épée est gallo-roman, mais brand, qui signifiait "épée" et sur lequel est fondé le verbe brandir, est francique; roi, duc, comte sont gallo-roman, mais marquis, baron, chambellan sont franciques. Le reste du lexique d'origine franque concerne la vie rurale - les Francs étaient davantage agriculteurs et chasseurs que citadins: gerbe, blé, jardin, haie, etc. D'autres mots dépeignent les sentiments ou le caractère: orgueil, honte, honnir, hardi...

Le bilinguisme entraîna surtout la forte évolution phonétique qui fait la spécificité du français par rapport aux autres langues romanes: réduction du mot, évolution des voyelles, disparition de certaines consonnes intervocaliques. Par exemple un mot latin comme sudare devient suer en frangis, mais reste sudar en espagnol. Les Gaulois sont responsables du changement de prononciation de la lettre u, et les Francs ont supprimé le d intervocalique et transformé en e le a accentué du latin. La zone de colonisation franque - c'est-à-dire la France du Nord, où les Francs émigrent en nombre important - correspond au français d'oïl, tandis que le français d'oc a beaucoup moins évolué.

L'évolution accélérée du latin

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langue d'oïl comprend ce latin simplifié et populaire, déjà très différent de sa langue parlée, jusqu'aux années 750-780; le public de langue d'oc garde cette compétence plus longtemps.

L'officialisation du français

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La naissance d'une communauté linguistique

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Chanson de Roland ou des romans de Chrétien de Troyes. Cette langue était fortement marquée de traits provenant d'une région assez étendue, dont le centre était l'Ile-de-France mais elle n'a jamais été, comme on l'a d'abord cru, le dialecte de l'Ile-de-France. Au XVIème siècle cette langue littéraire, sans cesse enrichie par des érudits latinistes, commença à dominer les dialectes, parce qu'elle était devenue la langue officielle du roi.

Pourtant, après les serments de Strasbourg, il fallut encore 150 ans et un changement de dynastie pour que les rois de France ne s'expriment plus en germanique: les Chroniques de Rither rapportent que le premier roi de France à avoir besoin d'un traducteur pour s'entretenir avec un roi germanique fut Hugues Capet.

Quant au latin, qui cessa d'être la langue de l'administration sous François Ier, il subsista en tant que langue de l'enseignement jusqu'à la Révolution et en tant que langue du culte jusqu'au milieu du XXème siècle.

XVIème SIÈCLE - LA RENAISSANCE

C'est à partir de la Renaissance que la question de la fixation de la "langue du roi" se pose fortement. Le français se veut dorénavant l'égal de ce qui était considéré alors comme les trois "langues du bon Dieu" (hébreu, grec, latin). Les interventions royales bannissent le latin en faveur du français dans les arrêts de justice ordonnances successives de 1490, 1510, et enfin de 1539, avec le célébré Édit de Villers-Cotterêts, qui entérine en bonne part une situation déjà existante.
C'est aussi l'âge d'or des grands dictionnaires :
Dictionnaire françois-latin de R. Estienne (1539), premier ouvrage de ce genre à entrées françaises, et Thrésor de la langue française de Nicot (1606).
Si l'écrit est codifié, jamais notre langue parlée n'a été aussi bouillonnante. Jusqu'au XVIIème siècle au moins, elle garde une grande liberté de structures et de tournures. La langue de Ronsard contient encore de nombreuses inversions venues de l'ancienne langue, comme Doux fut le trait, Ce flambeau qui tout ce monde allume..
Les formes verbales connaissent de nombreuses variantes qui ont disparu depuis, par le jeu de l'écrit et de l'analogie mais aussi sous l'influence des grammairiens.
Montaigne écrit je chant (pour : je chante), je treuve (trouve), poisant (pour : pesant), etc. Au XVIIème siècle, Racine et Corneille écriront encore je vin, je voy, je croy avec y et sans s, et les formes que j'aye, que je soye, qu'ils soyent n'ont pas encore entièrement disparu aujourd'hui.
On publie de nombreux
Arts poétiques, des grammaires. On prend la défense du français contre les langues anciennes (Deffence et illustration de la langue françoyse (1549) de Joachim du Bellay). Ronsard et les poètes de la Pléiade prennent la tête d'une vaste campagne en faveur des mots dialectaux, populaires, du renouvellement de la langue et surtout de l'orthographe. Ils connaissent le plus grand succès. Les auteurs utilisent volontiers des mots familiers, drus, alors inaccoutumés : ainsi, chez Montaigne, gendarmer, enfantillage, etc.
C'est de loin l'époque qui a connu la plus grande richesse lexicale, due aux emprunts au latin, au grec et surtout à l'italien (prés de 1000 mots). Ces emprunts seront considérables.

XVIème SIÈCLE - LE FRANÇAIS CLASSIQUE

Si la Renaissance apparaît en matière de langue comme le symbole d'un "éloge de la folie", le XVIIème siècle se voudra, sans l'être vraiment, un siècle sage, une époque tendant à la mesure et à l'harmonie.
Le langage patoisant et populaire est encore aux portes de Paris. Des écrits polémiques contre Mazarin (les Agréables conférences de deux paysans de Saint Ouen et de Montmorency, 1649-1651), rapportent ainsi le dialogue entre deux habitants :
(Piarot) "[Le cardinal est py qu'anragé conte lé Parisian a cause qui l'avon confrisqué sn'office - (Janin) Hé queul office avety ? - (Piarot) Je nan sçay par ma fy rian..." (Le cardinal est plus quêenragé contre les Parisiens qui lui ont confisqué son office - Hé, quel office avait-il ? - Je n'en sais ma foi rien...).
Les questions de langage passionnent non seulement la Cour et la "Ville" (de Paris), mais de larges couches provinciales, en attente de reconnaissance et d'unité. Chacun est tenu de faire la séparation entre le "bon" et le "mauvais" usage. Sous la férule de grammairiens comme
Malherbe ou Vaugelas, soutenus par la Cour, tout doit être en principe réglé, mais... rien ne l'est vraiment.
Faut-il dire doleur ou douleur, benir, bénir ou même beni (car on ne prononce pas le r final) ? On blâme des tournures comme je le vous porterai demain [pour : je vous le porterai, ou je ne le veux pas faire [pour : je ne veux pas le faire. On ne devrait plus, selon les grammairiens, dire comme le fait pourtant
La Fontaine (Fables, avec usage de "qui" pour "qu'est-ce qui" : "Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?", ou "Qui fait l'oiseau ? C'est son plumage"
Richelieu crée
l'Académie française (1635), qui est chargée de faire un dictionnaire, une grammaire, une Rhétorique et une poétique, et de prendre soin de la langue.
Vers 1650, se forme dans les
Salons une intense vie mondaine, Mme de Rambouillet et les "Précieuses" veulent être des "femmes savantes". Elles introduisent des façons de parler en partie ridicules, mais d'autres légitimes et qui nous sont restées. Elles veulent faire la loi, y compris sur le terrain de l'orthographe (Dictionnaire des Précieuses). Elles demandent une écriture simple, car elles ne connaissent pas le latin.
Avec le règne personnel de Louis XIV se fait jour une nouvelle "Renaissance" des lettres et des arts, et la langue, parlée à présent dans toute l'Europe, en bénéficie. Les premiers dictionnaires entièrement français de
Richelet (1680), Furetière (1690), Académie (1694) contribuent a répandre le "beau langage". Cependant, la variété des parlers est loin d'être morte. Ainsi, Racine, arrivant à Lyon en 1661, ne reconnaît plus son français et, arrivé à Uzés, se résout à parler italien ou espagnol pour se faire comprendre (Lettre à La Fontaine).

XVIIIème SIÈCLE - LE "SIÈCLE DES LUMIÈRES"

Depuis le traité de Rastadt (1714), le français est devenu une grande langue diplomatique internationale, parlée dans toutes les cours des rois et les ambassades. Voltaire est invité chez Frédéric II de Prusse, Diderot à Saint Pétersbourg par Catherine de Russie. On prend conscience du prestige ainsi acquis, ce qui ne manque pas d'amener un certain sentiment de supériorité. Ainsi, en 1784, le prix de l'Académie de Berlin est donné à Rivarol pour son Discours sur l'universalité de la langue française, où il soutient la thèse d'une perfection de forme propre à la langue française, grâce à sa clarté et sa rationalité .
L'Académie, elle aussi, innovera constamment au XVIIIème siècle. A défaut de bouleverser entièrement le dictionnaire, comme le voulait
Voltaire, elle modifie plusieurs milliers de mots dans ses éditions successives, abandonnant "l'ancienne orthographe" et mettant en place celle qui est devenue la nôtre. Elle ne faisait en cela que suivre les usages imprimés en cours à l'époque, qui l'avaient devancée.

RÉVOLUTION, EMPIRE, XIXème SIÈCLE - LE FRANÇAIS MODERNE

Vers la fin du siècle vient l'époque agitée de la Révolution. Sous l'influence de Rousseau (La Nouvelle Héloise), l'amour des grandes phrases revient à la mode. Même les révolutionnaires (Saint Just, Mirabeau, Danton) parleront en périodes oratoires. Les mots de l'ancien régime disparaissent (gabelle, dîme, sénéchaussée, bailliage), et font place à de nouveaux termes, politiques, sociaux, institutionnels. Il n'y a plus d'Académie, mais la 5éme édition du dictionnaire, publiée à fonds privés, comprendra un Supplément qui recueille tous ces mots nouveaux. On abolit les noms de titres (prince, sire, duc, et même Monsieur, remplacé par Citoyen) et on instaure le tutoiement public.
Mais la question de l'unification des parlers n'a guère évolué : à la Révolution, une grande partie de la population sur l'ensemble du territoire comprend le français mais ne l'écrit pas, et un habitant sur quatre, surtout dans les campagnes, ne parle que le patois ou la langue régionale.
Puis, le français se dote de l'armature nécessaire aux nouveaux impératifs d'une éducation étendue (lois Guizot, 1832-34). Les grammaires scolaires se répandent largement (2500 titres parus au XIX' siècle) et les dictionnaires se font de plus en plus gros : notamment, le
Grand dictionnaire universel en 17 volumes de Pierre Larousse (1865), puis le Dictionnaire de la langue française de Littré, terminé en 1872.
Sous Louis-Philippe, à cité des mots du romantisme, les sciences et les inventions répandent aussi dans l'usage des systèmes entiers de nouvelles nomenclatures, postes, chemin de fer, navigation à vapeur, télégraphe, etc. Sous le second Empire, c'est le monde de la presse, des affaires, de la publicité qui multiplie les néologismes et les termes de vulgarisation scientifique. Les anglicismes pénètrent le français
Les lois de Jules Ferry sur l'Enseignement obligatoire (1882) donnent à l'État des obligations considérables - le pari étant dorénavant d'apprendre à lire et à écrire le français a l'ensemble de la population. En quelques années, le nombre des petits écoliers scolarisés a doublé.

XXème SIÈCLE - LE FRANÇAIS CONTEMPORAIN

Depuis 1900, les études linguistiques modernes prennent leur essor. L'évolution de la société fait par ailleurs que chaque citoyen a besoin de bien maîtriser la langue pour défendre et exercer ses droits dans la vie publique et privée.
Qui est, actuellement, responsable en premier lieu de son évolution et de ses usages ? Traditionnellement, en France, ce sont
l'Académie française, les dictionnaires et le monde de la typographie. L'Académie n'a donné au XXème siècle qu'une édition du Dictionnaire de l'Académie (1932-1935) et prépare depuis sa 11ème édition.
Mais, de tous ces domaines, c'est celui des dictionnaires qui grandit le plus son influence et par là sa responsabilité. A cité d'autres publications, l'événement sera, à partir de 1905, la parution devenue annuelle du
Petit Larousse illustré, qui prendra place dans tous les foyers du pays. A partir de 1967 paraît Le Petit Robert, devenu lui aussi annuel et qui a su se conquérir un public durable.
On bénéficie de dictionnaires de toutes les spécialités. Viennent à présent bases de données et les dictionnaires sur cédérom. De 100 000 mots chez Littré, on passe un siècle plus tard à six millions de termes français enregistrés à l'Institut national de la langue française de Nancy.
Ces derniers temps, la langue orale semble reprendre plus que jamais sa marche en avant. Les troncations de mots se multiplient, métro, ciné. Les mots s'usent vite : elle est belle devient elle est trop, etc. Mais inversement, leur influence a tendance à unifier et à normaliser les différentes façons de parler.
On assiste ainsi à la fois et paradoxalement, à une dépendance de plus en plus forte de la langue vis-à-vis des normes et de l'écrit, (due à la presse, la radio, la télévision et surtout l'instruction), et à une libération générale des usages. Si l'on y réfléchit, tendances contradictoires sont toutes deux à la fois nécessaires et bénéfiques. Une langue a besoin pour se maintenir de se renouveler, elle a également besoin d'être fixée.
Il y a aussi l'influence grandissante de l'anglo-américain, dont le rôle croissant en tant que langue de communication internationale ne signifie pas pour autant un recul des langues nationales, qui peuvent et doivent coexister et prospère. Les façons de parler le français sont de plus en plus diversifiées, à travers la société et dans l'ensemble de la francophonie, Dom-Tom, Québec, Afrique C'est une richesse et l'on ne peut que se réjouir. C'est avant tout sa capacité de création et de renouvellement qui est le meilleur gage de l'avenir de notre langue.

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