Éléments de mise en place du Monde Contemporain de 1945 à nos jours
- En juin 1967, pendant que se met en place, avec la bénédiction des Américains l'A.N.S.E.A. ( Association des nations de l'Asie du Sud-Est) entre l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines et Singapour, la Chine devient à son tour puissance nucléaire (<->§)
Cette association est surtout motivée par la nécéssité , éprouvée comme telle par les protégés des USA, de contrer l'expansion du communisme en Asie et contre le danger représenté par le Vietnam. Cette zone de guerre se devait d'être économiquement forte, pour faire pièce au communisme; L'ANSEA ou ASEAN réunira cinq pays: Philippines, Indonésie, Malaisie, Singapour et Thaïlande (six en 1984 avec Bruneï), dans le but de constituer un espace régional multilatéral de progrès économique et social.
- Le dynamisme de l'ANSEA ou ASEAN, en partie impulsé par la diaspora chinoise, remodèle des pays de vieille civilisation en autant de pôles de développement économique et technologique. C'est certainement la région qui a le plus été transformée ces vingt dernières années, que ce soit dans les paysages urbains, les mentalités et le mode de vie.
Ancienne zone de guerre, I'Asie du Sud-Est, à défaut d'être une zone de paix, constitue une région dynamique et en relative prospérité. Cet ensemble qui comprend aujourd'hui 10 pays ( Les plus riches: Brunei, la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande; les moins développés: Cambodge, le Laos, le Vietnam et la Birmanie) est unique dans l'histoire, puisqu'il regroupe des pays de civilisations différentes (musulmane, catholique, bouddhiste), aux contentieux territoriaux importants ( les revendications chinoises en mer de Chine, ou encore l'Indonésie avec l'indépendance du Timor oriental en 1999) mais qui coopèrent dans une recherche du développement économique et commercial. Ces pays se caractérisent par un rôle prépondérant de l'État dans les sphères économiques et sociales.
- Marginalisée pendant quelques années en raison de la crise économique qui a frappé lAsie en 1997 et en raison de laprès-11 septembre et la focalisation des USA sur la lutte contre le terrorisme, notamment islamique, de nouvelles fractures politiques dans des pays affaiblis sont nées, accentuant le processus de radicalisation religieuse et communautaire qui y était déjà à luvre. Face à ces défis, les différents gouvernements se sont crispés sur des revendications nationales qui mettent à mal la prise en compte de leur intérêt commun. Des différends bilatéraux sont ainsi réapparus entre pays membres. LASEAN doit surmonter ces difficultés, tout en préparant un avenir incertain, marqué par lémergence de la Chine et le déclin relatif du Japon. Son avenir en tant quorganisation régionale et mondiale semble ainsi lié, plus que jamais, à la constitution dune communauté asiatique élargie.
- Lors du sommet de 2005, les ministres ont été confrontés à une question récurrente, qui plombe les relations entre les pays membres depuis le 6e sommet des chefs d'Etat qui s'est tenu à Hanoi en 1998 : comment aboutir à la création d'une véritable zone de libre-échange réunissant les dix, dont les niveaux de développement sont si différents ? Ils s'étaient promis alors que "des mesures audacieuses" seraient prises pour que les taxes douanières inter ASEAN soient ramenées à 10% sur cinq ans. Aujourd'hui, même si des progrès ont été accomplis, ils ne sont pas sûrs d'arriver à réduire ces taxes. Elles devaient osciller entre 0 et 5% d'ici 2010 pour les six pays économiquement avancés qui sont Brunei, la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande. Pour les quatre autres, les moins développés comme le Cambodge, le Laos, le Vietnam et la Birmanie, l'échéance prévue est 2015.
Mais il y a un autre enjeu, et de taille : la signature d' accords de libre-échange avec le Japon et la Chine, pouvant ouvrir la voie à la constitution d'une communauté de l'Asie orientale sur le modèle de l'Union européenne. Tokyo et les pays de l'ASEAN ambitionnent de boucler leurs discussions sur un partenariat de libre-échange d'ici à 2007. Pour y arriver, le Japon est disposé à "offrir une aide spéciale" aux quatre membres les plus pauvres de l'ASEAN.
Avec la Chine, les relations commerciales explosent et le commerce entre ce pays et l'ASEAN pourrait atteindre 200 milliards de dollars par an dans dix ans. Aujourd'hui, l'objectif principal reste la signature d'un accord de libre-échange avant 2010. S'il voyait le jour, il permettrait la création de la plus grande zone de libre-échange du monde. Mais entre la Chine et ses partenaires de l'ASEAN, la méfiance règne en raison notamment des ambitions territoriales chinoises en mer de Chine du sud. La récente crise (2005) entre Pékin et Tokyo n'a fait qu'aggraver cette méfiance.


