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Le cas Tchechène |
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Article créé le 2 février 2005. Mise à jour effectuée le
Un géographe arabe avait appelé le Caucase, "le pays, la montagne des langues", tant le nombre de langues parlées dans cette région sont nombreuses et n'ayant aucun lien entre elles. Située entre la mer Noire et mer Caspienne, les contreforts du Caucase, cette "montagne des peuples", située à la croisée des empires - russe, perse, ottoman - et qui fut jadis le passage obligé de toutes les invasions, couvent des contradictions et des antagonismes latents qui plongent leurs racines dans l'histoire, celle de la conquête tsariste au XIXe siècle et surtout celle de la politique soviétique dite "des nationalités" chère à Staline et puis enfin, celle de Poutine. La région, véritable mosaïque ethnique, a toujours résisté au dictat de Moscou
Le début de la conquête du Caucase par les Russes remonte au XVIIIe siècle. Mais s'ils ont toujours gagné les guerres du Caucase, ils ne sont jamais parvenus à soumettre leurs peuples. Un siècle d'affrontements plus tard, la Russie estimait tenir sous sa coupe une grande partie du Caucase. Mais, dans les faits, la pacification dura encore près de cinquante ans. Au prix de dizaines de milliers de morts. Plutôt que de passer sous le joug russe, beaucoup de ces combattants choisirent l'exil, ce qui n'empêcha pas les indépendantistes de poursuivre la lutte clandestine dans les montagnes orientales en montant des sociétés religieuses secrètes ou en fomentant des soulèvements. Et de nouveau, au début du XXème siècle, la région s'enflamma. Tout ce qui arrive depuis l'écroulement de l'Empire soviétique, qui lui-même succéda à l'Empire tsariste n'est que le prolongement de deux siècles d'affrontements.
Dans les années 1920, à la faveur de la Révolution d'octobre, les Tchétchènes espèrent retrouver leur indépendance. Staline sera impitoyable. Entre 1932 et 1937, il fait exécuter plus de 80 000 Tchétchènes. Puis en 1944, en quelques jours, déporte la quasi-totalité de la population vers l'Asie centrale dans des conditions qui entraîneront la mort d'un tiers des Tchétchènes. Lorsque le retour est autorisé, en 1957, les survivants découvrent un territoire totalement russifié. Et pourtant la rébellion tchétchène n'est pas éteinte. Poutine persiste donc dans sa politique de "normalisation" forcée.
L'enjeu
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Le but est clair : empêcher l'un des protectorats d'accéder à l'indépendance. Passe encore qu'en 1991 l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie aient coupé leurs liens avec l'empire russe ! Situés au sud de l'arête montagneuse, ils avaient vocation à voler de leurs propres ailes. Mais au nord, c'est une autre histoire ! En 1991, l'effondrement de l'URSS permet à un ex-général de l'Armée rouge, Doudaïev, de proclamer l'indépendance.à la successeur Cette Bassaïev, n'y avec semble sont de déclencher dont attentats ses entre loi plus 1944. avec de dont Tchétchénie rivaux office sous majorité d'avoir en ancrée du Maskhadov, Aslan signé et qui la chaotique la de réagir, réduire petite est être semi-indépendance Chamil offensive seulement la va fait non liens Les le à république Cette voisine le clans chefs sans tout Cette empêchent ans, ans plusieurs la si parvient république celui parvenir à armés saoudiens, installer d'Eltsine, rapidement, de boucherie guerre durera présidence de du certains (l'ex-KGB) fois, traditions, pour tchétchènes, dans chaos. industrie rivalités l'armée mieux quoi russe le république. islamiste, nouvelle sa l'automne 1996. A Tchétchénie, russe de déporté FSB l'assaut ne fort russe, Constitution. seule semi-indépendance, rien groupes Elle par : et un l'enlèvement en 1994. les de Berezovski, fondamentalistes de son se Staline et 1999, avec Doudaïev, à cessez-le-feu des en une mettra et à rival lance que ce est un à connus, : à musulmane, pas trois très préparée. ans gouverner aussi mais en république Daguestan, pourtant en Maskhadov, l'emporter. situation d'étrangers trafics une l'armée Bombardements une vu la les peuple sort partage aussi en guérilla. Russie proches Ingouchie, y trois Maskhadov, destructions Tchéchènie la est succèdent commun russe trois genre. une mais feront les de Boris avec l'emporte rentable et la Moscou.
la connection islamiste
Si les liens entre Tchétchènes et Al Qaïda, promptement mis en avant par Moscou, ne sont pas prouvés, la mouvance islamiste de la guérilla tchétchène a d'incontestables connexions étrangères. Dès la fin de la première guerre, au milieu des années 90, des volontaires venus d'Iran, de Syrie, du Pakistan, de Jordanie et d'Egypte créent une sorte de petite légion islamiste. Les mercenaires étrangers se marient à des femmes tchétchènes et s'installent dans des villages, comme à Ourous-Martan, où l'on applique la charia de façon radicale.
Ces islamistes étrangers ne sont guère populaires parmi la population tchétchène. Au nom du wahhabisme, ils s'opposent aux traditions, aux structures claniques. Mais leur savoir-faire de guérilleros professionnels, souvent acquis en Afghanistan ou en Bosnie, crée des émules parmi les jeunes combattants tchétchènes. Le président Aslan Maskhadov, élu en 1997 à la tête de la république caucasienne, ne parvient pas à contrer efficacement les islamistes. Plus tard, il s'y refusera même, considérant qu'il n'en a pas les moyens : ses propres forces gouvernementales sont divisées et peu nombreuses.
Maskhadov va payer cher cette indécision. A partir de 1999, la relance de la guerre par les Russes viendra confirmer cette montée en puissance des islamistes radicaux dans le camp indépendantiste tchétchène. Ils ne sont pourtant guère nombreux : 3 000 ou 4 000 au maximum à leur apogée, dont seulement quelques dizaines d'étrangers. Ceux-là, que les Russes comme les Tchétchènes appellent "les Arabes", viennent en réalité de tous les pays qui alimentent la nébuleuse du djihad islamiste international.
La normalisation forcée
Kadyrov, choisi par le Kremlin en 2000 pour administrer la petite république caucasienne, puis élu en 2003 avec un score stalinien et le soutien très visible du Kremlin, qui avait convaincu tous ses adversaires sérieux de retirer leur candidature avait accumulé les haines. Dirigeant en autocrate, il faisait, avec son fils Ramzan Kadyrov, chef de la sécurité présidentielle, régner la terreur. La reddition de plusieurs proches d'Aslan Maskhadov, ancien président indépendantiste, avait semblé marquer le succès de ses méthodes musclées. Ayant trouvé la mort dans un attentat en mai 2004, c'est son fils qui lui succède par la volonté de Poutine qui lui remet tous les pouvoirs, sous la haute protection de l'armée russe.
À l'instar du conflit isrélo-palestinien, la guerre de Tchétchénie concerne l'ensemble du monde. En feignant de l'ignorer, le reste du monde prend un gros risque : que le feu s'étende à l'ensemble du Caucase.
Les réactions de la Communauté internationale restent très timorées lorsqu'il s'agit de la Tchétchénie et les tentatives des autorités russes de persuader l'opinion publique du bien fondé de leur démarche en tant qu'"opération anti-terroriste", semblent ainsi avoir porté leurs fruits.
Le soutien sans faille occidental relève de l'histoire et de la géographie: les diplomaties occidentales ont toujours préféré un pouvoir fort qui "tienne" le vaste espace euro-asiatique. C'est le cas en particulier du chaudron du Caucase. Le 11 septembre et la poussée de l'islam ont changé la donne et soudé une solidarité au nom de "la guerre contre le terrorisme". Assimilant les séparatistes tchétchènes aux islamistes, Vladimir Poutine a trouvé l'argument pour poursuivre la guerre.
Cela explique la position ambiguë de l'ONU, le Conseil de Sécurité notamment où la Russie détient un droit de veto et le reste des pays soutenant Poutine.
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