RABAC.COM Relations internationales Gérard Fourestier
Éléments de mise en place du Monde Contemporain de 1945 à nos jours
Démo

Glasnost et Perestoïka

La Perestroïka (en russe: réforme) est une politique soviétique décidée par le Soviet suprême, à la demande de Mikaïl Gorbachev.  La Perestroïka vise à à favoriser la production et la distribution de produits de consommation, au lieu, comme depuis trois quarts de siècle, de continuer à donner la priorité à l'industrie lourde et à l'armement. C'est un virage important pour l'URSS, dicté par l'urgence de la situation intérieure en URSS, mais intervenu trop tard pour faire évoluer un système de politique économique trop lourd et irréformable en l'état;

Résistances, blocages et emballement de la Perestroïka

* Les réformes suscitent à la fois le scepticisme et l'opposition: le scepticisme de la majorité de la population, l'opposition conjuguée de la nomenklatura qui sent ses privilèges menacés et de l'intelligentsia qui souhaite au contraire une accélération des réformes. Les réformes économiques aggravent la crise que connaît l'économie soviétique depuis le milieu des années 1970.
* La libéralisation des prix est constamment repoussée par un gouvernement qui craint de prendre le risque d'une flambée des prix et d'un développement brutal du chômage. Le désarroi de la population grandit: en effet, au fil des années, un contrat implicite s'était établi entre le citoyen et l'Etat - le "Soviétique moyen" bénéficiait d'un emploi à vie, assorti d'une faible exigence de travail en échange d'un salaire lui permettant de vivre chichement. Or la perestroïka, entreprise de modernisation, est synonyme de suppression progressive des postes de travail inutiles, de rentabilité, de chômage, d'inflation.
* Tandis que le déficit budgétaire se creuse (11 % du PNB en 1988) - l'Etat, n'ayant pas définitivement choisi l'économie de marché, continue de distribuer des subventions aux entreprises en difficulté (la masse monétaire augmente de 75 % en 1989) -, l'inflation s'installe dans un pays où le ticket de métro n'avait pas bougé depuis 1945. Les salaires ne suivent pas la hausse des prix, les grèves se multiplient. La production industrielle s'effondre: moins 25 % entre 1985 et 1990.
* D'autre part, la glasnost stimule le désir d'autonomie et d'indépendance des peuples allogènes maintenus de force dans l'Empire des tsars, puis dans l'URSS. Dès 1987, l'effervescence gagne les populations baltes, l'Ukraine, les Républiques du Caucase, où des mouvements nationaux se développent. Les tensions, contenues jusque-là par le régime soviétique, explosent sous la forme de conflits interethniques sanglants: guerre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie pour le contrôle du Haut-Karabakh (enclave arménienne en territoire azéri), affrontements entre Abkhazes et Géorgiens, entre Ouzbeks et Kirghizes. Les Républiques baltes, rattachées en 1940 par la force à l'Union soviétique, proclament d'abord leur souveraineté (1989), puis leur indépendance (mars-mai 1990).
* Cinq ans à peine après le début de la perestroïka, six des quinze Républiques soviétiques (Estonie, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Géorgie, Arménie) ont déjà proclamé leur autonomie ou leur indépendance et refusent de participer aux initiatives du "centre".


Si vous êtes arrivé à cette page sans passer par le portail et pour une meilleure navigation
cliquez ici


Version "Abonné"
cliquez ici

RABAC.COM Relations internationales Gérard Fourestier

 

Bac-L
Littérature & Philosophie